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BERNARD DONZEL S’EN EST ALLE ! / 16-06-13

LE SPORT SAVOYARD SOUS LE CHOC !

C’est avec une infinie tristesse que nous avons appris le décès tragique, à 61 ans, de Bernard Donzel, l’une des figures de proue du sport savoyard de ces 40 dernières années.
C’est en dévalant à vélo, le 16 juin dernier, la route du Relais du Mont du Chat qu’il a trouvé la mort.
Tout un symbole en réalité ! C’est en effet à vélo où tout a commencé lorsqu’à partir de 1969 il éclaboussa de tout son talent les cyclosportives sous les couleurs du Cyclo Chambérien. Le vélo où il écrira les plus belles pages de sa carrière, mais aussi celle entachée par sa terrible chute survenue en 1986 dans une descente (déjà !), en l’occurrence celle du Col du Granier, qui handicapera définitivement son bras droit.
Pourtant, quand bien d’autres auraient abdiqué, lui n’aura jamais reculé devant l’adversité, aussi redoutable soit-elle, forgeant dès lors sa légende. S’il renonce au dossard sur la petite reine en dépit d’un incroyable et éphémère come-back en 1995, il se tourne alors vers la course à pied mais aussi le ski de fond et le biathlon, deux disciplines qui le verront prendre part aux Jeux Paralympiques de 1994 et de 1998.
Avec ses running, le Voglanais s’illustrera aussi bien sur route qu’en course de montagne avant de s’enflammer en 2001 pour le trail où il sera un éminent spécialiste de la longue distance et de l’ultra. Mais dans le domaine de la course nature, il était d’abord connu pour être « l’homme du Nivolet-Revard » qu’il créa officiellement en 2002. Il s’y investira corps et âme en compagnie d’un cercle d’amis indéfectibles et de sa tendre épouse Marie-Françoise avec qui il entretenait un amour fusionnel.
2012 sera l’ultime opus en tant que leader de la structure organisationnelle. Sans quitter celle-ci, il laissera en effet la main à Marcel Blin, privilégiant désormais la gestion de ses gîtes et la compétition.
Indubitablement, sa plus belle édition restera la dernière, celle du 5 mai 2013, lorsqu’épinglant pour la première fois le dossard, marqué du chiffre 1, cette icône franchira la ligne sous les ovations de toute son escouade qui lui fera une poignante haie d’honneur. Bien davantage que sa victoire chez les V3 sur le 50km, presque anecdotique, en tout cas secondaire, c’est ce moment d’amitié sincère, signe de reconnaissance pour son extraordinaire parcours, qui le touchera au plus profond de son cœur, de sa chaire, de son âme.
Cette disparition est d’autant plus inacceptable que ce modèle de courage, de force morale et de bonté avait encore beaucoup de choses à nous faire partager, à nous raconter, à nous enseigner, à nous offrir… Comme il va nous manquer !
A Marie-Françoise, à ses filles Amandine et Adeline, à toute sa famille, si douloureusement éprouvées, qu’il me soit permis d’adresser un message de soutien au nom de toute l’équipe de « Trail-Running en Pays de Savoie/Ain » pour la perte de notre ami.

François Vanlaton

La sépulture aura lieu demain jeudi 20 juin à 15h à l’église puis au cimetière de Voglans.

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Ci-dessous, vous trouverez le portrait de Bernard Donzel que j’ai dépeint au moment de la 10ème édition, le 2 mai 2010. Portrait rendu possible à la suite de l’accueil que m’a réservé Bernard à son domicile le 19 avril 2010, et ce durant presque une journée !
Si je ne l’ai pas réactualisé, je l’ai par contre totalement remanié, apportant de nouvelles infos et modifiant de fond en comble de larges extraits dont la conclusion.
Il se divise en deux parties :
– La première portant sur son parcours jusqu’en 2000, jalonnée par ses performances en vélo.
– La seconde portant sur son parcours à compter de 2001, dominée par son engagement pour le Nivolet-Revard.     

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BERNARD DONZEL : UN HOMME, UNE VIE, DANS LE SPORT

1ERE PARTIE : FORTUNE ET INFORTUNE D’UNE DESTINEE (1952-2000)

Très fréquemment, il arrive aux journalistes d’user et d’abuser de superlatifs et autres adjectifs tonitruants pour décrire les prestations des sportifs avant parfois de se… raviser, de peur de galvauder quelque peu les mots utilisés. Car alors, quels termes employer pour évoquer des parcours qui se démarquent vraiment de l’ordinaire, à l’image de celui de Bernard Donzel.
Voilà en effet une trajectoire qui à jamais demeure jalonnée par une succession de prouesses aussi renversantes les unes que les autres, et ce quelles que soient la discipline qu’il honorait. Mais là ne fut pas l’essentiel pour lui. Bien davantage que l’apothéose des podiums, il a ainsi recherché le côté esthétique, s’enflammant pour la pureté du geste. De même, il ne cessait de mettre en exergue l’éthique, n’ayant jamais avalisé les flétrissures qui déshonorent le sport, en particulier dans le cyclisme qui l’aura révélé. Enfin, il accordait une importance capitale aux rapports humains : un coup de main à donner par ci, un collectif à fertiliser par là. Sans compter les rencontres aussi fortuites que détonantes qu’il suscitera. A l’instar de son premier contact en 1979, à l’occasion d’une cyclosportive remportée à Saint-Paul-sur-Yenne, avec Marie-Françoise, qu’il épousera en 1981 et avec qui il aura deux filles, Amandine et Adeline.

Ribambelle de victoires !
Ayant vu le jour le 18 avril 1952 à Chambéry, parfait rejeton de la Savoie, de père voglanais, de mère curiennaise, Bernard, une fois la scolarité obligatoire achevée à 14 ans, prend aussitôt la poudre d’escampette le dimanche. Il enfourche alors la petite reine, seul sur les routes baujues depuis Curienne, ou accompagné par son frère en mobylette sur des contrées plus lointaines.
Dès 1969, il s’illustre sur les cyclosportives au sein du Cyclo Chambérien qui lui conseille ardemment, vu les qualités qu’il démontre sur la longue distance, de se licencier dans un club affilié à la Fédération Française de cyclisme. L’année suivante, il rallie en conséquence le Vélo-Club Aixois où il décroche sa première victoire en juillet 1975.
Dès lors, le succès ne le quittera plus, glanant une cinquantaine de titres entre 1975 et 1986  dont une vingtaine au niveau national. Cette carrière en tous points exemplaire s’effectuera sans jamais lâcher son activité professionnelle qu’il exerce depuis 1969 comme tourneur dans l’entreprise Clerc Cardone de la Motte-Servolex, ayant comme bagage un CAP en mécanique générale acquis au lycée Monge à Chambéry.
Ses plus beaux morceaux de bravoure resteront d’une part le Championnat Dauphiné-Savoie où il conquiert en juillet 1977 à Cluses la place de dauphin sous les couleurs du Vélo-Club d’Annemasse. Et d’autre part une étape qu’il arrache au sprint sur la Route de la Martinique en novembre 1978 pour le compte du Vélo-Club de la Motte-Servolex.
Parallèlement, en 1980, il se lance, avec la même fibre, avec le même talent, dans le cyclo-cross, intégrant l’escouade de l’Avenir Cycliste Drumettaz-Clarafond, qui le voit triompher à sept reprises sur des épreuves à caractère régional. En 1985, il délaisse cette discipline pour étrenner le triathlon où une fois de plus il excelle. Le 13 octobre, lors du prestigieux Triathlon de Nice qui servait alors officieusement de Championnat du Monde, il termine 73ème sur 726 partants.

Terrible affliction, formidable résurgence !
Alors que rien n’entravait son irrésistible ascension, Bernard va connaître une de ces épreuves qui nous transplante implacablement dans une autre vie. Le 19 mars 1986, en se préparant dans l’optique d’un duathlon, il ne peut éviter, sur une chaussée rendue glissante par un crachin continuel, un nid de poule en descendant du Col du Granier au lieu-dit « Les  Charmettes ». A 60km/h, la chute est effroyable, provoquant une double fracture, du fémur mais surtout de l’humérus avec paralysie du plexus brachial. Au bout de six mois, il mesure pleinement qu’il ne retrouvera plus l’usage de son bras droit. Après 11 mois d’arrêt de travail, reconnu comme handicapé, il reprend le travail sur un poste de contrôle qualité.
Sur le plan sportif, Bernard ne peut se résoudre à subir l’adversité, lui qui l’avait toujours annihilée jusqu’ici. Se privant désormais du cyclisme, il n’en nargue pas moins le mauvais sort, rebondissant dès 1987 sur la course à pied, qu’elle ait pour décor l’asphalte ou la montagne. Illustrant ainsi un mental d’acier, une inébranlable volonté de façonner le destin plutôt que de s’en laisser guider, posture que seule une poignée d’hommes héroïques ont l’aptitude d’atteindre. Les performances seront à l’avenant de celles décrochées en vélo.
Le 15 août 1987, il s’adjuge la seconde place aux Arcs, devancé par Sylvain Cacciatore qui donnera son patronyme à cette course de montagne qui deviendra l’un des rendez-vous phare de la saison avant sa disparition en 2010. A l’occasion de cette 1ère édition, le vainqueur aura le plus grand mal à venir à bout d’un athlète qu’on disait perdu à jamais, à peine un an et demi auparavant. Retrouvant miraculeusement toutes ses sensations, en totale reviviscence, Bernard vire en tête sur le faîte du parcours avant de lâcher prise dans la dégringolade finale, en raison uniquement de la parfaite connaissance des lieux de son concurrent, à une époque où le balisage était inconnu.
Après une interruption de deux ans pour construire sa belle et spacieuse demeure sur les hauteurs de Voglans, il renoue en 1990 avec l’odeur mêlée de sueur et d’embrocations, aussi bien sur le relief qu’en plaine. Il portera ainsi son record sur la mythique distance de 42km195 à 2h54’19, et ce lors du 1er Marathon de Savoie, le 21 septembre 1996 à Chambéry, finissant 11ème sur 180 arrivants.
Mais entre-temps, il s’ouvre de nouveaux et palpitants horizons. Spectateur assidu des Jeux Paralympiques d’Albertville en 1992, il affiche aussitôt après ses ambitions en ski de fond. Dorénavant pensionnaire du Club Handisports de l’agglomération chambérienne, le Voglanais est retenu en 1993 pour les Championnats d’Europe en Allemagne. Il va alors écrire l’une des plus belles pages de son histoire à l’occasion des Jeux de Lillehammer en 1994 (8ème sur le 20km en pas alternatif) et de ceux de 1998 à Nagano (6ème en biathlon), sans occulter ses trois titres de Champion de France comme biathlète.
A la belle saison, s’il continue à avaler les km et les dénivelées en course à pied, il tente, énième gageure, un ébouriffant come-back en vélo en 1995, parvenant à rejoindre le gotha aux Championnats du Monde en Belgique. Mais la mort dans l’âme, il ne s’appesantira pas dans son sport favori, qu’il trouve désormais trop périlleux, y renonçant définitivement un an après.

François Vanlaton, 1er mai 2010.

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2EME PARTIE : UNE DECENNIE DE TRAIL, DE LA DECOUVERTE D’UNE DISCIPLINE A LA CONSECRATION DU NIVOLET-REVARD (2001-2010)

A l’issue des Jeux Paralympiques de Nagano en 1998, Bernard Donzel met un terme à sa carrière internationale de ski nordique, s’adonnant désormais au sport pour le fun.
Puis il renonce définitivement aux planches en 2001, date à laquelle il découvre une nouvelle discipline pour laquelle il a d’emblée le coup de foudre : le trail, qui va lui permettre ainsi de parcourir les grands espaces, le plus souvent méconnus, tout en cavalant pour son bien-être.
Il se spécialise sur la longue distance et l’ultra où il endossera le costume de finisher un nombre incalculables de fois, en particulier sur la CCC 2007 (34ème) et 2008 (247ème), puis sur l’UTMB 2009 (139ème) et 2010 (249ème).
Très vite, va germer dans son esprit l’idée de concocter soi-même ce type d’épreuve, observant sa popularité qui essaime aux quatre coins de l’Hexagone.
En septembre 2001, il enchaîne à une semaine d’intervalle deux compétitions :
– Le 2, Belledonne 2000 (38km pour 2400m de dénivelée), depuis Saint-Martin-d’Uriage (Isère), où il intègre immédiatement le top 10 sur 250 participants.
– Le 9, la Sancy-Puy-de-Dôme (55km pour 2700m de dénivelée), qu’il remporte d’une éclatante manière parmi plus de 200 rivaux.
Le plaisir conjugué à la performance convainc ce visionnaire de mettre sur pied une épreuve analogue dans la cluse de Chambéry qui en est cruellement dépourvue. A vrai dire, seule la 6000D chère à Jean-Marc Ganzer fait office de trail à l’échelle de la Savoie depuis 1990, les autres manifestations se réduisant à des courses sur route ou de montagne.

Rejet de l’action isolée, adhésion à un collectif
De suite, Bernard réalise que la réussite d’une telle entreprise est tributaire d’un paramètre incontournable, à savoir la constitution d’une escouade motivée, homogène et fiable, répudiant totalement l’idée, saugrenue selon lui, de finaliser en solitaire ce concept. En conséquence, il prend son bâton de pèlerin, rencontrant le 20 septembre 2001 de manière fortuite à Pragondran Bernard Cauchy, athlète de haut niveau, partenaire de Paul Arpin au sein de l’Athlétique Sport Aixois, qui adhère aussitôt au projet. Puis durant cette phase exploratoire, des contacts sont noués avec d’autres éminents coureurs du Bassin Chambérien. In fine, le Voglanais organise à son domicile une réunion où participent les futures figures historiques du Nivolet-Revard, au nombre de huit :
– Son épouse Marie-Françoise, née en 1957.
Josiane Piccolet, née en 1956, de Drumettaz-Clarafond.
Jean-Paul Battail, né en 1953, de Chambéry.
Daniel Boebion, né en 1947, de Saint-Jean-d’Arvey.
Bernard Cauchy, né en 1957, de Chambéry.
André Daltoe, né en 1950, d’Aix-les-Bains.
Daniel Vincent, né en 1952, de Voglans.
A ceux-là, s’ajoute Fernand Servais, président de la Commission Départementale des courses hors stade de la Savoie, qui approuve le projet sous certaines réserves. La première concerne la sécurité sur un parcours aussi long et technique. La seconde est relative au nombre raréfié des ravitaillements en comparaison avec le marathon où ceux-ci sont présents tous les 5km.
En dehors des réticences de Servais, ce noyau originel souscrit avec enthousiasme au dessein, reflétant ainsi une totale symbiose.
L’année suivante, Bernard sollicite les conseils auprès de Christian Bailly, un des géniteurs du trail haut-savoyard pour avoir porté sur les fonts baptismaux la manifestation favergienne dès 2001. Pareillement, il s’informe auprès du maître d’oeuvre de la Bête du Gévaudan en Haute-Loire, aujourd’hui défunte, qui l’avait vu finir second en juin. Enfin, il s’enquiert auprès de Jean-Claude Piccolet, né en 1954, époux de Josiane.
En cette même année 2002, il fonde 4 mars l’Elan Voglanais dont l’unique vocation est de concevoir un trail, et ce à l’occasion d’une assemblée constitutive à laquelle assistent une quinzaine de personnes. En plus du « Club des Huit », on distingue notamment le couple voglanais Ferrari (Marie-Laure, née en 1970 et Philippe, né en 1967), et les futurs « Chamois du Nivolet », Thibaud Cahez, né en 1961, et Bruno Durand, né en 1966.
Cette association dont la paternité du nom revient à André Daltoe prend au fil des mois un certain nombre de décisions sur :
– Le nom de la manifestation.
– Le logo, subtilement imaginée par Daniel Vincent à travers ce bonhomme faisant le grand écart entre le Revard et la Croix du Nivolet.
– Le camp de base du trail (départ-arrivée), installé à Voglans, en l’occurrence dans la commune de souche et de résidence de sa figure historique. Une figure qui entretient d’excellentes relations avec la municipalité, obtenant d’elle un soutien financier et logistique décisif après l’avoir rassurée sur l’ampleur de l’évènement.
– L’itinéraire et les dimensions de l’épreuve. Le parcours se fera dans le sens des aiguilles d’une montre, empruntant à la montée le fameux chemin de la Crémaillère pour épouser l’histoire du Revard, puis rendant visite à ces montagnes de légende que sont la Croix du Nivolet et le Sire, le retour s’opérant par le délicat Passage du Croc. Au total, une cinquantaine de kilomètres pour un peu plus de 2000 m de différentiel tant positif que négatif.
– L’époque, fixée judicieusement au premier week-end de mai, au moment où la majeure partie des Alpes de Savoie sont encore enneigées, et donc rédhibitoires à la course nature, permettant ainsi à moult trailers frustrés par une si longue abstinence d’arpenter cette barbacane baujue où la neige fond plus vite.

D’un trail savoyard à un trail national et international
Le succès ne se fit pas désirer, le cru originel de 2003, dénué de toute improvisation, recensant 218 finishers, 114 sur le 49km, 104 sur le relais par équipe de quatre, en provenance essentiellement des Pays de Savoie. Dès lors, au fil des huit épisodes, l’engouement ne se démentira jamais, le nombre de convives explosant littéralement pour être multiplié par cinq !
Et c’est véritablement à partir de 2007, millésime ralliant pour la seconde fois après 2005 le célèbre Challenge National Salomon, que le rendez-vous prendra son envol, affichant à chaque fois complet : 600 trailers en 2007 ; 800 en 2008 ; 1000 en 2009, 1024 exactement dont 68 étrangers, accourant pour la plupart d’Italie et de Suisse ; enfin, 1100 en 2010, sans occulter 300 marcheurs, renfermant une importante colonie transalpine venant tout droit de la Haute Vallée d’Aoste, en lien direct avec le jumelage établi en 2009 avec le Grand Trail Valdigne, concouru en juillet à Morgex.
Cet engouement populaire que suscite le Nivolet-Revard, cette dimension nationale et internationale qu’il acquiert, autant d’atouts qui ne font qu’illustrer la crédibilité de l’équipe managériale et de ses 170 bénévoles, soudés comme un seul homme derrière son charismatique leader. Un leader insufflant une telle énergie que pas le moindre rouage ne vient à manquer, que pas la moindre adversité ne peut enrayer sa détermination sans faille. Pas même la neige s’invitant abondamment dans la nuit du 16 au 17 avril 2005, soit une semaine seulement avant la 3ème édition, prévue pour le 24. Désemparés sur le coup, Bernard et ses amis ne mettront pas longtemps pour réagir, bossant comme des forçats afin d’expurger une bonne partie du parcours de l’encombrant manteau neigeux.
Avec mention spéciale à Jean-Paul Battail et Daniel Boebion qui en ouvriers stakhanovistes apureront héroïquement les 200 redoutables mètres de dénivelée sous le Passage du Croc. Le tandem ne put toutefois échapper à un tracé plus light qui passa de 49 à 45km, abandonnant ainsi à leur triste sort le Sire et la Croix du Nivolet, ensevelis sous des mètres de poudreuse. Cette gageure était d’autant plus difficile à relever qu’elle intervenait sur l’unique cuvée englobant les trois formats que sont la longue distance, la courte qui venait d’éclore, et le relais qui allait s’éteindre après les festivités.
En tout cas, preuve de son opiniâtreté, il n’était pas question pour Bernard de voir son évènement capoter sans avoir au préalable tout tenter, y compris le paranormal !
En 2008, le Voglanais va récolter durablement les fruits de son labeur acharné lorsqu’il obtient l’aval de la Fédération Française d’Athlétisme pour que son épreuve incorpore le Trail Tour National (TTN). Un challenge qui venait de naître et auquel allaient s’aligner la plupart des élitaires, excepté les coéquipiers du Team Salomon, accoutumés à celui de leur partenaire. Cerise sur le gâteau, le Nivolet-Revard aura été en 2010 l’une des deux étapes sur les dix qui fécondent le TTN à être gratifiée du bonus, permettant aux trailers de voir leurs points multipliés par un coefficient égal à 1,5. Ce qui générera l’un des plateaux les plus relevés jamais observés en France, avec la 6000D 2005 et les Mondiaux de trail 2009 à Serre Chevalier, le Népalais Dacchiri Dawa Sherpa par exemple n’accrochant que le 17ème rang.
Effet TTN, la valeureuse association de l’Elan Voglanais se doit de se structurer en club FFA. Si son organigramme reste quasiment identique, avec toujours Bernard aux manettes, en  revanche, des trailers de renom viennent l’étoffer. A l’instar de la championne de France de trail long 2009 Maud Giraud ainsi que de Ludovic Pommeret qui ne concourt cependant pas le TTN, tous deux se classant respectivement 1ère (38ème au scratch) et 7ème sur l’édition 2010.

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Novateur dans l’âme !
La générosité envers le Comité Départemental Handisports Savoie (1 euro 50 prélevé par coureur), l’adhésion au Challenge des Trails du Massif du Parc Naturel Régional des Bauges dès sa naissance en 2007, sonnent comme une évidence.
A la sclérose, le chantre du Nivolet-Revard privilégie en réalité le mouvement, ne manquant jamais d’imagination pour valoriser sa manifestation. En 2009, il déniche ainsi un nouveau partenaire, Raidlight prenant la place de Salomon. Et l’année suivante, il répond favorablement à la requête du trailer nippon en la personne de Tsuyoshi Kaburaki qui désire lancer un challenge entre la Kanna Mountain Run and Walk, ayant lieu à Kanna au Japon, et l’épreuve voglanaise. Les deux lauréats du Nivolet-Revard se voient ainsi gratifier d’un voyage dans l’archipel du Soleil Levant en participant naturellement au trail de 40km.
Parallèlement, il ne cessera jamais de remanier, parfois en profondeur, le parcours dont le clou est sans conteste le somptueux panorama qu’il embrasse sur le Lac du Bourget. En 2007, l’attrayant single-track accédant au Col du Pertuiset, minuscule faille enchâssée entre deux barres rocheuses, se substitue opportunément à la fastidieuse Crémaillère. Deux ans plus tard, le périple est inversé, offrant de nouvelles perspectives paysagères.
En revanche, le spectaculaire passage dans la cheminée équipée d’échelles conduisant à la Croix du Nivolet, emprunté en 2010, ne sera pas reconduit, le gros du peloton ayant patienté beaucoup trop longtemps avant de pouvoir le franchir. Cet itinéraire, avancé par les Boebion père et fils, présentait pourtant bon nombre d’avantages. Conjuguant esthétique et technicité, il évitait par la même occasion le malencontreux croisement sur la crête du Sire. Et que dire de l’extraordinaire atmosphère qui se dégageait dans la cheminée !
Sept ans après son irruption, le Nivolet-Revard est devenu l’un des rendez-vous incontournables dans le calendrier de la course nature hexagonale. Cette consécration, c’est bien sûr à Bernard qu’on le doit. Pour avoir pris seul tous les risques en 2001, à une époque où le trail n’avait alors quasiment aucune notoriété. Pour avoir monté l’année suivante une équipe ambitieuse, créative, passionnée, opiniâtre et unie, bref une authentique « dream team ».
Après avoir accumulé les prouesses individuelles pendant plus de 30 ans, à vélo, à ski ou à pied, cette icône du sport savoyard se fondera ensuite dans un collectif pour mener à bien l’aventure du Nivolet-Revard. Avec la même flamme, avec le même talent, avec le même résultat.

François Vanlaton, 3 mai 2010.

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VIDEO :

Entretien de 7’27 avec Bernard Donzel, intervenu le 5 mai 2013 à l’occasion du 11ème millésime du Nivolet-Revard qu’il a lui-même mis sur orbite en 2001.
Grande première, il enfilera le dossard avant d’achever le 50 bornes à la 71ème place et la 1ère chez les sexagénaires en 6h04’55.
Le Nivolet-Revard était la 3ème manche du Challenge des Bauges qu’il disputait cette saison après le Trail Blanc du Semnoz (136ème et 2ème V3) et la Fée Blanche (95ème et 1er V3). Et avant le Grand Raid 73 (67ème et 1er V3) et le Maratrail de Faverges (102ème et 1er V3), concouru pas plus tard que samedi dernier. Un challenge qui d’ores et déjà était tombé dans son escarcelle dans sa catégorie d’âge.
Vidéo de « TPS Infos ».


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PHOTOS :

Elles ont été prises par « TPS Infos ».

SnipImage11ème édition du Nivolet-Revard, 5 mai 2013.
Arrivée de Bernard Donzel sur le 50km.

SnipImage11ème édition du Nivolet-Revard, 5 mai 2013.
Arrivée de Bernard sur le 50km, chaleureusement félicité par un membre de l’organisation.

SnipImage11ème édition du Nivolet-Revard, 5 mai 2013.
Bernard Donzel durant l’interview qu’il a accordée après sa course à « TPS Infos ».

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