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CAROLINE CHAVEROT EN DEMONSTRATION AU NORTH FACE LAVAREDO ULTRA TRAIL (ITALIE) / 26-27 – 06 – 15

Décidément, Caroline Chaverot a trouvé cette année sa pleine mesure dans l’ultra-trail. Dès le 7 mars, sur les 125 bornes de la Transgrancanaria, elle réussissait le tour de force de s’approprier la seconde place, à seulement 23’21 de la célébrissime Espagnole Nuria Picas Albets non sans s’être égarée durant 3km. Rebelote le 30 mai où elle devenait vice-championne du Monde IAU (1) à l’issue des 85 bornes de la Maxi-Race Trail du Lac d’Annecy. A cette occasion, elle mourrait à 1’22 d’une autre égérie de l’ultra : la Tourangelle Nathalie Mauclair, déjà titrée le 6 juillet 2013, et entre temps, sacrée à deux reprises sur la Diagonale des Fous (2).
Certes, la pensionnaire du Team Hoka One One et du Club Athlétique du Bassin Bellegardien s’avouera à chaque fois vaincue mais en donnant toujours le meilleur de soi-même, ce qui lui permettait de se hisser à la hauteur de ses prestigieuses rivales.
Concouru les 26 et 27 juin dans l’époustouflant décor des Dolomites, inscrites depuis 2009 au patrimoine de l’humanité, le troisième round lui apportera enfin la consécration, Caro faisant tomber dans son escarcelle les 119km et 5850m de dénivelé du 9ème Lavaredo Ultra Trail (LUT). Et de quelle manière s’il vous plaît ! En effet, pas une victoire à la Pyrrhus ou encore à la petite semaine, mais au contraire une victoire acquise avec éclat, avec panache, nette et sans bavure, dans un contexte des plus relevés (3).

Coups d’éclats en cascade
In fine, la perf la plus aboutie depuis ses premières foulées au Salève, le 13 mai 2012, comme elle le reconnaît elle-même dans son compte rendu (cf. infra).
Trois chiffres témoignent de son fait d’armes. Primo, le nouveau record de l’épreuve qu’elle porte à 13h40’34, soit un gain de 49’20 par rapport à l’ancienne marque référence détenue à compter de l’an passé par l’emblématique Américaine Rory Bosio, victorieuse des deux dernières éditions de l’UTMB. Proprement renversant !
Deuxio, son avance s’élevant à 44’28 sur Nathalie Mauclair qu’elle rejoindra au km48 avant de prendre, non sans hésitation, les rênes de la course, et ce à titre définitif. Dauphine cette fois-ci de Caroline, Nathalie n’en sera pas moins l’auteur d’une superbe prestation, battant elle aussi, de 4’47 précisément, l’ancien temps étalon réalisé par Bosio, avec à la clef le 19ème rang au scratch. C’est dire le très haut niveau atteint par les deux Françaises qui, s’il fallait encore le prouver, n’ont vraiment pas usurpé leurs médailles engrangées à Annecy-le-Vieux.
Tertio, son 10ème rang au général sur quelques… 750 finishers ! Cerise sur le gâteau, elle pointera à seulement 1h06’05 du lauréat norvégien Didrik Hermansen (Team Asics), 35 ans, soit un différentiel de seulement 8,75% (4). Un exploit rarissime, d’autant plus que le Scandinave n’est pas le premier venu, ayant cette saison terminé 2ème sur la Transgrancanaria puis 10ème aux Mondiaux.

L’UTMB et l’UTWT dans son viseur !
Ce succès retentissant n’aura bien sûr pas laissé indifférent Pascal Balducci qui la coache depuis le 24 juin 2014 : « Sans conteste, sa perf est exceptionnelle mais cependant elle n’est pas si surprenante que cela tant les feux sont au vert depuis deux mois. » Il souligne ainsi ses progrès sur les plans :
– Physique, Caro allongeant sa foulée, étant plus rapide sur le plat et plus technique en descente.
– Psychologique, Caro gagnant en sérénité d’où une meilleure gestion de course.
Parallèlement, le Bressan met en exergue sa préparation, plus professionnelle, en prenant l’exemple du LUT : « Après les Mondiaux, elle n’a pas négligé sa récupération, restant une semaine sans courir. Elle a repris ensuite l’entraînement par des séances courtes et qualitatives ainsi que du vélo avant une phase d’affûtage. Enfin, elle s’est acclimatée sur place en arrivant cinq jours avant. »
Si son calendrier a fluctué plusieurs fois (renoncement au LUT avant de se raviser, renoncement au Trail Sainte-Victoire et à l’Ice Trail Tarentaise), son deuxième objectif après les Mondiaux demeure l’Ultra Trail World Tour (UTWT). Surgi l’an dernier sous l’égide de l’IAU, celui-ci avait été remporté par François D’Haene et Nuria Picas Albets.
Raison notamment pour laquelle elle s’est alignée sur la Transgrancanaria et le LUT qui servaient de support à ce circuit, respectivement comme 3ème et 6ème étapes. En attendant l’Eiger Ultra Trail (8ème étape les 18-19 juillet), l’UTMB (9ème étape du 28 au 30 août), et peut-être la Diagonale des Fous (11ème et ultime étape entre les 22 et 25 octobre).
A l’issue du LUT, Caro occupe la 2ème place de l’UTWT avec 483 points sur deux manches, derrière la Chinoise Dong Li (Team Salomon) qui totalise 599 points sur trois manches. Lors de leur seule rencontre, survenue sur la Transvulcania 2015, celle-ci, classée 3ème, avait été reléguée à 59’ par la Franco-Suissesse, arrivée 2ème. Rappelons que seuls les trois meilleurs résultats (dont deux ultra-trails series) sont comptabilisés.
Désormais, un certain nombre d’observateurs se demandent si la native de Genève peut remporter l’UTMB. Tout en nuance, Pascal précise : « Je ne lui mettrai pas ce genre de pression mais on établira toutefois un tableau de marche. L’objectif devrait se situer autour des 24h (5). L’important pour moi est qu’elle soit la plus performante possible le jour J, et si quelqu’un va plus vite, à l’instar des Mondiaux, eh bien il faudra s’incliner. » Adhérant ainsi pleinement à cet axiome déclarant qu’« on trouve toujours plus fort que soi ».

François Vanlaton pour le compte également du site Web « Trails Endurance Mag », en date du mercredi 8 juillet 2015 :
http://www.trails-endurance.com/actus/trail/francais-diablement-efficaces-au-north-face-lavaredo-ultra-trail-%E2%80%A8%E2%80%A8/

(1) A compter de 2009, l’IAU ou International Association of Ultrarunners est chargée par l’IAFF ou Internationale Association of Athletics Federations d’organiser les Mondiaux de trail tous les deux ans.
(2) Sur la perf accomplie par Caroline Chaverot aux Mondiaux, voir son récit mis en ligne sur son blog : http://carochav.blogspot.fr/2015/06/vice-championne-du-monde.html
(3) Parmi les femmes présentes sur le Lavaredo Ultra Trail (LUT), émergeaient en dehors de Caro :
Nathalie Mauclair (Team Mizuno et Entente Athletic Trois Tours – Free Run), 45 ans.
En 2015, 1ère aux Mondiaux de trail.
En 2014 : 3ème à la Western States 100-Mile Endurance Run, 3ème à l’UTMB, 1ère à la Diagonale des Fous.
Sur le LUT 2015 : 2ème en 14h25’02.
– La Brésilienne Fernanda Maciel (Team The North Face), 35 ans.
En 2014 : 3ème à la Transgrancanaria, 2ème à l’Ultra-Trail du Mt.-Fuji, 8ème au 80km du Mont-Blanc, 4ème à l’UTMB.
Sur le LUT 2015 : 3ème en 15h18’34.
– L’Australienne Gill Fowler (Team La Sportiva), 35 ans.
En 2015 : 23ème aux Mondiaux.
En 2013, 6ème à l’UTMB, 8ème à l’Ultra Cavalls del Vent.
Sur le LUT 2015 : 4ème en 15h39’43.
– La Brésilienne Manuela Portas Vilaseca (Team The North Face), 36 ans.
En 2015 : 5ème à la Transgrancanaria.
En 2014 : 5ème à l’Ultra-Trail du Mt.-Fuji, 8ème au LUT.
Sur le LUT 2015 : 5ème en 15h55’59.
– La Suissesse Denise Zimmermann (Team Salomon Suunto), 39 ans.
En 2015 : 15ème aux Mondiaux de trail.
En 2014 : 1ère au Trail Verbier Saint-Bernard X-Alpine, 3ème à l’Eiger Ultra Trail, 3ème au Tor des Géants, 7ème à la Diagonale des Fous.
Sur le LUT 2015 : 6ème ex aequo en 16h09’51.
– La Suissesse Andrea Huser (Sigriswil), 41 ans.
En 2015 : 4ème à la Transgrancanaria, 5ème aux Mondiaux de trail.
En 2014 : 7ème à la Transgrancanaria, 5ème à l’Eiger Ultra Trail, 7ème à l’UTMB.
Sur le LUT 2015 : 6ème ex aequo en 16h09’51.
– L’Italienne Francesca Canepa (Atletica Sandro Calvesi), 43 ans.
En 2015 : 5ème au 50km de l’Ecotrail de Paris Ile-de-France.
En 2014 : 1ère au Hong Kong 100 Ultra Trail Race, 2ème à la Transgrancanaria, 1ère au 46km du Trail de Mirmande, 4ème en 8h38’48 au 100km de Passatore, 2ème au LUT, 1ère à l’Eiger Ultra Trail, 1ère en 8h32’06 (N1) au 100km de Millau.
Sur le LUT 2015 : abandon aux environs du km27 à cause d’une entorse.
(4) En réalité, 15 % est à peu de choses près l’écart physiologique entre la performance d’un homme et celle d’une femme en endurance.
(5) Recordwoman sur l’UTMB, l’Américaine Rory Bosio a enregistré les résultats suivants sur les deux millésimes qu’elle a décrochés :
– 2013 : 7ème au scratch en 22h37’26, record de l’épreuve.
– 2014 : 14ème au scratch en 23h23’20.

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COMPTE RENDU DE CAROLINE CHAVEROT :

Allez, il est temps désormais de nous replonger dans l’odyssée de Caroline Chaverot à travers son propre récit, concocté, comme à l’accoutumée, avec le souci du détail, et que voici :

 « LE LAVAREDO ULTRA TRAIL : MA MEILLEURE COURSE ?

Cela faisait des années que je rêvais d’aller dans les Dolomites. Mais parfois, entre ce que l’on veut et ce que l’on peut, il y a un certain décalage. J’aurais bien aimé pouvoir prendre une grosse semaine sur place pour préparer au mieux ce Lavaredo Ultra Trail et profiter de la région, mais malheureusement, je travaillais jusqu’à mardi midi. C’est donc mardi soir, après un voyage assez épique (orage monumental, bouchons, et même un glissement de terrain à 5km de Cortina d’Ampezzo) que nous arrivons sur place, dans un charmant hôtel familial, l’hôtel Menardi, où malgré l’heure tardive, nous sommes accueillis chaleureusement.
Le mercredi, je découvre le paysage époustouflant qui nous entoure, sous un soleil radieux. Mon mari me dépose au refugio Gallina, correspondant au km95 du parcours, souhaitant reconnaître les 26 dernières bornes. Les paysages et la lumière sont incroyables, et c’est donc sur un rythme bien sage, entrecoupé de multiples pauses pour m’imprégner de la magie des lieux et admirer les multiples marmottes dont je croise la route, que je rejoins Cortina. L’après-midi est un vrai supplice, puisque je n’ai qu’une envie, celle de parcourir l’une des multiples via ferrata qui surplombent Cortina.
Le jeudi, je parcours les 16 premiers km de la course, ce qui là aussi me prend un certain temps. Quand je rejoins le refugio Ospitale, où je dois récupérer mon vélo pour retourner à Cortina, je me sens assez fatiguée et commence à me demander si je n’en fais pas un peu trop pour une veille de course. L’après-midi est donc vraiment tranquille et je ne m’attarde pas à la remise des dossards. Le vendredi, jour de la course, commence par une courte mais insensée balade autour des Tre Cime, avant d’aller siester une bonne partie de l’après-midi. Ensuite, commence l’étrange attente qui me semble interminable.
A 22 heures, alors que je commence à être plus d’humeur à lire paisiblement ou dormir, il est temps de me préparer. C’est assez étrange, de sortir s’échauffer dans la nuit, à une heure où, habituellement, je dors déjà depuis un petit moment. De fait, je me sens toute molle, pas anxieuse ni nerveuse pour un sou, mais pas vraiment décidée à forcer, ce qui fait que mon échauffement se réduit à un vague trottinage désordonné. Je croise mon collègue de chez Hoka, Brice (1), et on se place ensemble au départ. Le speaker a beau en faire des tonnes, la foule nous acclamer, la musique tenter de nous émouvoir, je n’éprouve aucune émotion, aucun stress et peine à réaliser que je pars pour 119 km. Quand le départ est donné, j’ai d’ailleurs l’étrange sensation, sur le premier km, de courir comme si je prenais un tapis roulant à l’envers. Au bout de 500m, Nathalie Mauclair est déjà plus de 100m devant moi, au bout d’1 km, je ne la vois même plus.
Lorsqu’on attaque la première côte, j’ai enfin la sensation de réintégrer mon propre corps et de pouvoir être à l’écoute de mes sensations. Durant la première ascension, je me sens d’ailleurs de mieux en mieux, si bien que, quand on attaque la belle descente qui suit, je ne peux m’empêcher d’aller à fond, juste pour le plaisir. 8km de pistes plates ou montantes plus loin, on arrive au refuge Ospitale, où est situé le premier ravitaillement. Adrian Perez, mon fantastique assistant, m’annonce 5mn de retard sur Nathalie. Je suis un peu surprise que l’écart soit si important, car je n’ai pas trop traîné en route.

S’ensuit une longue ascension, suivie de superbes morceaux de descentes, jusqu’au second ravitaillement de Federavecchia (km33). Je dépasse régulièrement des concurrents et me sens bien, tout en veillant à ne pas m’emballer et à conserver une allure fluide et détendue. On m’annonce 6mn de retard, ce qui me surprend un peu car j’ai vraiment l’impression d’avoir bien avancé sur cette portion. Je me dis que Nathalie est sans doute dans un grand jour et que, ma foi, si elle est meilleure, tant mieux pour elle et que je dois juste gérer ma course en écoutant mes propres sensations et sans me laisser affecter par quoi que ce soit. Le chemin en direction du refuge Auronzo (km48) est juste incroyable, alternant petits sentiers ludiques et belles portions de montées. Avec une belle musique dans mes oreilles, en pleine nuit, je suis au paradis et souhaiterais d’ailleurs que le jour ne se lève jamais. Arrivée à Auronzo, on m’annonce 1mn de retard sur Nathalie… et bientôt, je la rejoins.

L’aube se lève et on peut profiter des Tre Cime qui nous surplombent. Il fait bien frais ; c’est magique ! Mais je tergiverse un peu : dois-je doubler Nathalie, au risque de reproduire la situation des Mondiaux durant lesquels je menais la course sans jamais connaître les écarts avec elle et m’étais fait reprendre sur la fin, ou dois-je me caler sur son allure et m’économiser pour la doubler plus loin ? J’hésite un peu, et puis en voyant qu’elle commence à marcher dans une montée que je me sens largement capable de courir, je la dépasse, puis accélère pour essayer de creuser l’écart. Durant les 10km de descente qui s’ensuivent, je suis à bloc et dépasse au moins quatre ou cinq concurrents dont le sympathique coureur de la Réunion, Freddy Thevenin (2), qui me sauve la mise en m’évitant une trop sérieuse erreur de parcours, lorsque je m’engage dans la mauvaise direction.

S’ensuivent 6 ou 7km de piste plate et monotone, qui m’entament sérieusement, d’autant plus qu’ils précèdent une montée qui, à mon goût, n’a pas la bonne pente : trop plate pour marcher, trop raide pour cavaler facilement. Je m’efforce de courir, ou au moins d’alterner marche et course, si bien que parvenue en haut, je suis fracassée et ai l’impression de ne plus savoir coordonner mes mouvements. Heureusement, la descente qui suit est facile et jolie et je retrouve progressivement de l’énergie. Au ravitaillement du 77ème km, je suis à nouveau toute fraîche et motivée et m’apprête à attaquer une belle montée. J’ai dû mal lire le profil, parce que, en fait de montée, c’est une magnifique descente dans les bois qui m’attend. Elle commence assez mal, puisque, occupée à manger une banane, je ne regarde pas bien le sentier et me prend une gamelle assez violente, d’autant plus que, pour sauver mon repas, je ne me suis pas rattrapée correctement avec mes mains.
Sonnée, il me faut un peu de temps pour pouvoir marcher à peu près droit mais, persuadée que Nathalie est à mes trousses, je ne m’autorise pas de temps mort. Quelques km plus loin, on entre en bas du Val Trevenanzes, et je sais qu’une montée de 1000m sur près de 10km nous attend. Le paysage est grandiose, mais, petit à petit, je me sens de plus en plus mal. J’ai soif, mais en même temps, j’ai l’impression de me gorger d’eau ; ma banane est loin, mais rien que de penser à manger, j’ai envie de vomir… envie qui commence à devenir insistante !
Je décide alors d’essayer de me déconnecter mentalement de mon effort et je me mets à penser à tout et à rien, au livre que je lis, à mes enfants, à des recettes de cuisine. Cela ne marche pas si mal et, progressivement, l’envie de vomir s’atténue. Par contre, le sentier est quand même pénible, puisqu’il parcourt longuement un lit de rivière, rivière que l’on franchit d’ailleurs régulièrement. A force, je finis évidemment par atterrir à pieds joints dans l’eau, puisque, n’ayant pas envie de perdre du temps à chercher les bons passages pour traverser, je tente des sauts de plus en plus hasardeux. Au bout d’un moment, je crois être arrivée au col, enfin ! Youpi, la fin est proche ! Mais Argh ! En fait de col, c’est juste un tournant, et la vallée continue à perte de vue ! C’est atroce !
Mais comme tout à une fin, je finis enfin par arriver au vrai col et à entamer la longue descente, entrecoupée d’une rude ascension, qui me mène au col Gallina. Je rattrape alors un concurrent, le premier depuis au moins 2h de temps. Au col, je retrouve mon assistant et manque de pleurer de joie d’en avoir enfin fini avec cette galère. Enfin, je vais pouvoir aborder la dernière portion du parcours: une petite montée de rien du tout, des beaux sentiers en balcons, ça va être super ! Mais, à mon grand étonnement, on ne rejoint pas du tout la montée que j’avais parcourue en reconnaissance. Au contraire, on part dans le sens opposé et on se met à descendre carrément franchement. Ouh, ça sent le roussi, ça ! Ce qu’on descend, on devra forcément le remonter ! Et effectivement, la « petite montée de rien du tout » se transforme en 500m de dénivelé positif ! Mais étrangement, plus je grimpe, plus je me sens en forme et, faisant irruption en haut, j’ai la bonne surprise de constater que je suis très à l’aise dans la descente qui suit.
Et là, enfin, on rejoint les sentiers que j’avais parcourus mercredi. Ils sont beaux, techniques et je m’amuse, toute étonnée de voir que, pour la première fois sur une course aussi longue, je n’ai, ni mal de dos, ni mal de ventre ou de genoux, qui m’empêchent de bien courir en descente ! De nouveau, au Passio Giau (km102), je suis toute émue et manque de pleurer en voyant mon assistant. Je sais maintenant que je vais aller au bout de cette épopée. Je m’emballe un peu trop et, dans une descente raide, je manque de faire une chute monumentale avant de me rattraper de justesse ! Je prends cela comme un avertissement et m’enjoins de me concentrer un maximum.
Encore deux montées, dont une assez sévère, et je rejoins enfin la belle descente finale, durant laquelle je rattrape encore un concurrent (3) dans les parties techniques. Mais me voyant arriver, il pose une belle accélération sur les pistes vallonnées qui nous amènent au-dessus de Cortina et je n’ai pas du tout le coeur de me bagarrer pour une place. La fin est rude, puisqu’on remonte un peu pour aller rejoindre le haut de la ville. Une fois dans la cité, je suis de plus en plus émue et portée par les encouragements chaleureux des spectateurs. Une courte remontée et c’est enfin l’arche d’arrivée ! J’apprends alors qu’avec mes 13h40’34, je ne suis qu’à une 1h06’05 du gagnant du jour, le Norvégien Didrik Hermansen, soit un différentiel de 8,75%, et me place 10ème au scratch. Je n’en reviens pas ! J’attends Nathalie pour la féliciter sans me rendre compte que de rester ainsi au soleil, assise sur mon banc, m’épuise. Je vais d’ailleurs le payer assez cher au cours de l’après-midi puisque je me sens terriblement mal : je suis bientôt incapable de rester assise, de boire ou de manger. Heureusement, ça finit par passer et, le soir, je suis capable d’aller savourer une bonne pizza !

En conclusion, je dirais que, plus je fais de l’ultra, plus je réalise que c’est un effort incroyablement mental : il faut être capable de se tirer dessus, de résister constamment à l’envie de marcher au lieu de courir, de s’accorder un moment de répit, de s’asseoir un petit moment pour souffler. Je crois que c’est surtout cet engagement mental qui est épuisant et qui fait qu’il est difficile de disputer trop d’ultras dans une saison.

Enfin, un immense merci à tous ceux qui me soutiennent et en particulier à mon fantastique assistant Adrian Perez ! Merci aussi à vous lecteurs, si vous avez pu venir à bout de mon long récit sans vous endormir. » 🙂

Caroline Chaverot

(1) Il s’agit de Brice Jacquot, ambassadeur du Team Hoka One One, qui, éreinté, abdiquera au km33.
(2) Le Réunionnais Freddy Thevenin (Prudence Créole) terminera 14ème en 13h56’40.
(3) Il s’agit de l’Américain Nick Clark (Altra Running) qui finira 9ème en 13h39’04.

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PRESTATIONS DES 17 FRANÇAIS INTEGRANT LE TOP 100 :

Preuve de la renommée du Lavaredo Ultra Trail, de nombreux Hexagonaux avaient fait le déplacement. Aussi, mettons en avant les prouesses de nos 17 trailers qui rentrent dans le top 100 :
– 2ème (2ème senior) : Erik Clavery (Team Trail Adidas et Endurance 72) en 13h01’07.
– 5ème (1er V1) : René Rovera (Team Garmin Adventure ; Run et Trail Sospel) en 13h25’00.
– 7ème (6ème senior) : Quentin Stephan (Team Asics Trail et Team Trail Colmar Marathon Club) en 13h28’51.
– 10ème (1ère femme, 1ère senior femme) : Caroline Chaverot (Team Hoka One One et Club Athlétique du Bassin Bellegardien) en 13h40’34.
– 14ème (9ème senior) : Freddy Thevenin (Prudence Créole) en 13h56’40.
– 17ème (11ème senior) : Léo Béchet (Team La Sportiva) en 14h07’15.
– 19ème (2ème femme, 1ère V1 femme) : Nathalie Mauclair (Team Mizuno et Entente Athletic Trois Tours – Free Run) en 14h25’02.
– 22ème (13ème senior) : Renaud Rouanet (Team Hoka One One) en 14h29’12.
– 23ème (14ème senior) : Sangé Sherpa (Népal, Team Endurance Shop Besançon) en 14h57’41.
– 44ème : Sylvain Arnaud (Team Endurance Shop Echirolles) en 16h05’24.
– 50ème : Franck Dechelette (Speedy Club Venelles) en 16h32’49.
– 52ème (9ème femme, 5ème senior femme) : Claire Nedelec (Team The North Face Réunion) en 16h41’39.
– 71ème : Olivier Fabre (Vaulnaveys-le-Haut) en 17h29’58.
– 75ème (12ème femme, 7ème senior femme) : Céline Vanier (Team Banfi) en 17h38’51.
– 76ème : Antoine De Stael (Team Banfi et les Trailers de Paris) en 17h38’51.
– 94ème : Benjamin Dunand (Team Endurance Shop Annecy / OSS) en 18h05’01.
– 97ème : Franck Dorne (Club Omnisports des 7 Laux et Club Alpin Français Dauphiné Ski Alpinisme) en 18h10’45.

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PODIUMS :

Scratch (750 classés) :
– 1er (1er senior) : Didrik Hermansen (Norvège, Team Asics) en 12h34’29.
– 2ème (2ème senior) : Erik Clavery (Team Trail Adidas et Endurance 72) en 13h01’07.
– 3ème (3ème senior) : Yeray Duran Lopez (Espagne, Team The North Face) en 13h04’16.

Femmes (86 classées) :
– 1ère (1ère senior, 10ème au scratch) : Caroline Chaverot (Team Hoka One One et Club Athlétique du Bassin Bellegardien) en 13h40’34.
– 2ème (1ère V1, 19ème au scratch) : Nathalie Mauclair (Team Mizuno et Entente Athletic Trois Tours – Free Run) en 14h25’02.
– 3ème (2ème senior, 27ème au scratch) : Fernanda Maciel (Brésil, Team The North Face) en 15h18’34.

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RESULTATS COMPLETS :

Ils figurent sur le site Web de la manifestation :
http://www.ultratrail.it/files/2015/classifiche/LUT_2015.pdf

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L’EPOUSTOUFLANTE COURSE POURSUITE D’ERIK CLAVERY SUR THE NORTH FACE LAVAREDO ULTRA TRAIL :

1488291395.5384animation3 - CAROLINE CHAVEROT EN DEMONSTRATION AU NORTH FACE LAVAREDO ULTRA TRAIL (ITALIE) / 26-27 – 06 – 15

En date du lundi 6 juillet 2015, ce reportage figure sur le site Web « TPS Infos » :
http://www.trail-running-savoie.fr/lepoustouflante-course-poursuite-derik-clavery-sur-the-north-face-lavaredo-ultra-trail-26-27-06-15/

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PHOTOS :

Ci-dessous, vous pourrez admirer 19 images.
13 d’entre elles, aussi belles les unes que les autres, ont été prises par Marco Colleselli (htpp://www.mcphoto.it). Elles enrichissent un album comprenant 92 clichés, mis en ligne sur le site Web du Lavaredo Ultra Trail (LUT) dont l’organisation en est propriétaire :
https://drive.google.com/folderview?id=0B3uIfRyDulzMfmlwTUdfZ2t3dXhyNUFNNm91OXF5ZDJTV0M3RXB2aE5iNDdpaUswdTBoVzQ&usp=drive_web

11665527_875667299194168_5515564406393025677_n9ème édition du Lavaredo Ultra Trail, 26 juin 2015.
La Brésilienne Fernanda Maciel en compagnie du Savoyard Grégory-Julien Baron (La Rochette) à l’occasion de la remise des dossards.
Cliché appartenant à Grégory-Julien Baron.

10418990_10153374174152114_3631322255933574328_n9ème édition du Lavaredo Ultra Trail, 26 juin 2015.
Caroline Chaverot (Team Hoka One One et Club Athlétique du Bassin Bellegardien) avant le départ à Cortina d’Ampezzo.
Derrière elle, on reconnaît le minois de l’Italienne Francesca Canepa.
Cliché de Ian Campbell (site Web « iRunFar »).

DSC_91309ème édition du Lavaredo Ultra Trail, 26 juin 2015.
La Valdôtaine Francesca Canepa (Atletica Sandro Calvesi) avant le départ à Cortina d’Ampezzo.
Victorieuse en  2012 puis 2ème l’an passé, elle devra jeter l’éponge vers le km27, victime d’une entorse. Décidément, sa saison est placée sous le signe de la malchance, l’ex-internationale de snowboard ayant abandonné au préalable à deux autres reprises : le 17 janvier sur The Vibram Hong Kong 100 Ultra Trail Race (au km28), le 30 mai sur le 100km de Passatore (au km25).
Aussi, souhaitons-lui de retrouver au plus vite son meilleur niveau !
Cliché d’Outdoor Sports Festival, propriété de l’organisation du LUT 2015.

MAG_24519ème édition du Lavaredo Ultra Trail, 27 juin 2015.
Caroline Chaverot, peu après avoir franchi la Forcella Lavaredo, toit du parcours à 2454m (km52).
Au second plan, les légendaires Trois Cimes de Lavaredo, observées du nord.
Cliché de Marco Colleselli (htpp://www.mcphoto.it), propriété de l’organisation du LUT 2015.

MAG_27169ème édition du Lavaredo Ultra Trail, 27 juin 2015.
Caroline Chaverot, lauréate (1ère senior, 10ème au scratch) en 13h40’34.
Cliché de Marco Colleselli (htpp://www.mcphoto.it), propriété de l’organisation du LUT 2015.

MCX_94149ème édition du Lavaredo Ultra Trail, 27 juin 2015.
Caroline Chaverot.
Cliché de Marco Colleselli (htpp://www.mcphoto.it), propriété de l’organisation du LUT 2015.

MCX_94179ème édition du Lavaredo Ultra Trail, 27 juin 2015.
Caroline Chaverot.
Cliché de Marco Colleselli (htpp://www.mcphoto.it), propriété de l’organisation du LUT 2015.

11666300_764858460296394_528781269115921304_n9ème édition du Lavaredo Ultra Trail, 27 juin 2015.
Caroline Chaverot arpentant le Passo Giau, km100.
Cliché de Yulia Baykova.

MCX_89329ème édition du Lavaredo Ultra Trail, 27 juin 2015.
Nathalie Mauclair (Team Mizuno et Entente Athletic Trois Tours – Free Run), peu après avoir franchi la Forcella Lavaredo, toit du parcours à 2454m (km52).
Au second plan, les légendaires Trois Cimes de Lavaredo, observées du nord.
Cliché de Marco Colleselli (htpp://www.mcphoto.it), propriété de l’organisation du LUT 2015.

MAG_27279ème édition du Lavaredo Ultra Trail, 27 juin 2015.
Nathalie Mauclair, 2ème (1ère V1, 19ème au scratch) en 14h25’02.
Cliché de Marco Colleselli (htpp://www.mcphoto.it), propriété de l’organisation du LUT 2015.

MCX_94659ème édition du Lavaredo Ultra Trail, 27 juin 2015.
Nathalie Mauclair.
Cliché de Marco Colleselli (htpp://www.mcphoto.it), propriété de l’organisation du LUT 2015.

MCX_94709ème édition du Lavaredo Ultra Trail, 27 juin 2015.
Nathalie Mauclair.
Cliché de Marco Colleselli (htpp://www.mcphoto.it), propriété de l’organisation du LUT 2015.

MCX_96019ème édition du Lavaredo Ultra Trail, 27 juin 2015.
La Brésilienne Fernanda Maciel (Team The North Face), 3ème femme (2ème senior, 27ème au scratch).
Cliché de Marco Colleselli (htpp://www.mcphoto.it), propriété de l’organisation du LUT 2015.

MCX_89879ème édition du Lavaredo Ultra Trail, 27 juin 2015.
La Brésilienne Manuela Portas Vilaseca (Team The North Face), 5ème femme (4ème senior, 40ème au scratch) en 15h55’59.
Cliché de Marco Colleselli (htpp://www.mcphoto.it), propriété de l’organisation du LUT 2015.

MAG_24869ème édition du Lavaredo Ultra Trail, 27 juin 2015.
La Suissesse Andrea Huser (Sigriswil), peu après avoir franchi la Forcella Lavaredo, toit du parcours à 2454m (km52).
6ème femme (2ème V1, 45ème au scratch), elle bouclera son odyssée en 16h09’51, et ce en compagnie de sa compatriote Denise Zimmermann.
Cliché de Marco Colleselli (htpp://www.mcphoto.it), propriété de l’organisation du LUT 2015.

MCX_90909ème édition du Lavaredo Ultra Trail, 27 juin 2015.
L’Espagnole Elena Calvillo Arteaga (Bealak), 14ème femme (7ème V1, 113ème au scratch) en 18h37’29.
Cliché de Marco Colleselli (htpp://www.mcphoto.it), propriété de l’organisation du LUT 2015.

MCX_91189ème édition du Lavaredo Ultra Trail, 27 juin 2015.
L’Italienne Graziana Pè (A.S.D. Asso Orobica), 15ème femme (8ème senior, 127ème au scratch) en 18h53’33.
Cliché de Marco Colleselli (htpp://www.mcphoto.it), propriété de l’organisation du LUT 2015.

11061965_764496930332547_7526406354032434501_n9ème édition du Lavaredo Ultra Trail, 26-27 juin 2015.
Cortina d’Ampezzo, camp de base du Lavaredo Ultra Trail.
Nichée à 1210m d’altitude au cœur des Dolomites orientales, dans la province de Belluno en Vénétie (nord-est de l’Italie), cette ville attachante de 6100 âmes a accueilli en 1956 les Jeux Olympiques d’hiver.
Cliché de Yulia Baykova.

Tre-Cime-di-Lavaredo-P01La Forcella Lavaredo, toit du parcours à 2454m, dominé par le Mont Paterno (2744m) à gauche, et les Trois cimes de Lavaredo (2999m) à droite.

 

1488291395.5384animation3 - CAROLINE CHAVEROT EN DEMONSTRATION AU NORTH FACE LAVAREDO ULTRA TRAIL (ITALIE) / 26-27 – 06 – 15
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