COMPTE RENDU DE CELINE LAFAYE SUR SON RETOUR VICTORIEUX A LA MONTEE DU NID D’AIGLE / 20-07-14

De Céline Lafaye, on ne retient aujourd’hui que son parcours de traileuse qui l’a vue enlever le TTN court en 2010, 2011 et 2013 ainsi que les France 2013 à Gap, toujours sur le format light.
Cependant, c’est aller un peu vite en besogne ! C’est oublier en effet que la native de Tours a d’abord éclaboussé de tout son talent la course de montagne, sous l’égide de son entraîneur favergien Jean-Louis Bal, en poste dès septembre 2003. Elle défendra ainsi les couleurs de l’équipe de France aux Championnats d’Europe 2005 et 2009 qu’elle achèvera respectivement aux 34ème et 30ème rangs.
En décrochant la prestigieuse Montée du Nid d’Aigle, concourue le 20 juillet dernier au cœur du Pays du Mont-Blanc, la chercheuse en biologie revient en effet à ses premiers amours qu’elle avait délaissés à compter de 2010, si l’on excepte les trois ultimes épisodes disputés à Sierre-Zinal. Cerise sur le gâteau, son chrono est proche de son record personnel établi sur l’édition 2009 qu’elle avait d’ailleurs enlevée, au moment même où elle parvenait à son zénith en tant que coureuse de montagne.
Pour notre plus grand plaisir, l’égérie du Team Scott Odlo Led Lenser et de l’Entente Athlétique Grenoble 38 détaille son nouveau fait d’armes. Bien sûr, je tiens à la remercier chaleureusement pour m’avoir si gentiment transmis son récit !

François Vanlaton 

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UN LUSTRE PLUS TARD…

7ème manche du Challenge National des courses en montagne qui en renferme 13, la Montée du Nid d’Aigle est l’une des classiques haut-savoyardes de renom avec le Cross du Mont-Blanc et le Bélier. Cette saison, cette magnifique épreuve, exigeante et sélective à souhait, soufflait déjà ses 28 bougies. Serpentant le Val Montjoie sur la commune de Saint-Gervais-les-Bains, elle flirte avec la haute montagne en parvenant en guise d’épilogue au mythique Nid d’Aigle, perché à 2482m sur l’illustre Voie Royale, surnom donné à la voie normale du Mont-Blanc, de nos jours complètement saturée.
C’est à cinq reprises que je l’ai déjà arpentée, mais je n’étais pas revenue depuis 2009, l’unique édition que j’ai enlevée, et ce en 2h14’42, synonyme de record personnel, avant que je ne bascule quelques mois après dans le trail courte distance.
Pour mon plus grand bonheur, j’ai pu l’inclure cette année dans mon calendrier, 15 jours après le Marathon de Zermatt et ma 5ème place sur un parcours un peu trop roulant et surtout aseptisé, hélas, je ne savais pas trop où en était ma forme. C’est donc un peu dans l’inconnu que j’ai pris le départ ce dimanche matin, au milieu d’un peloton de qualité, avec de plus en plus de jeunes qui montent en puissance… Et oui, le niveau féminin a pris un grade ces derniers temps, et c’est tant mieux car rien ne vaut une performance chèrement acquise !
A une demi-heure du déclenchement des hostilités, la météo est très incertaine, alternant entre éclaircies et pluie. Mais une fois sous l’arche, peu avant 9h, le speaker nous annonce que le temps devrait se maintenir, nous permettant d’emprunter le tracé dans sa totalité. Ouf, s’écrie ai-je, je ne saurai rien du parcours de repli, jadis sillonné quatre fois (1), et qui grimpant au Col de Voza à 1653m zappe le vrai mur terminal, faisant perdre à cette compétition beaucoup de son intérêt paysager et de sa valeur sportive. Mais bon, personne, à ma connaissance, ne choisit les conditions en montagne. Le jeu, c’est d’en être tributaire et donc de cesser de… pleurnicher !

Embouteillage
Les trois coups viennent d’être frappés. D’emblée, j’essaye de me placer au mieux car je sais qu’à l’issue du petit tour de chauffe dans le Parc Thermal du Fayet, nous foulons un chemin bien exigu en montée, source d’impressionnants bouchons si préjudiciables, si… irritables ! De justesse, je parviens à passer en tête de mon groupe avant le petit pont qui annonce le passage fatidique. Hélas, comme je le pensais, les télescopages se multiplient, cassant littéralement mon élan. In fine, ce n’est pas plus mal car cela permet de canaliser mes ardeurs et ainsi de poursuivre prudemment mon périple, celui-ci, oh combien âpre, saccadé et interminable, nous incitant à en garder sous la « Scott »…
Pareillement, je n’ignore rien de la modification qu’a subi cette année, et ce en raison de travaux, l’itinéraire juste après le chef-lieu saint-gervolain. Ce qui nous oblige à avaler 134m de dénivelée positive supplémentaire et 50m négatifs, rallongeant du même coup la distance de 800m, ce qui fait au total 19,920km pour un différentiel positif de 2061m et négatif de 150m. Un détail qui peut avoir son importance si on l’est un peu juste, comme c’est parfois le cas, dans l’impitoyable assaut final, authentique juge de paix de cette équipée.
Je franchis la première bosse avec quelques longueurs d’avance sur mes poursuivantes immédiates que sont la Girondine Adélaïde Panthéon, la Chablaisienne Célia Chiron et l’Anglaise Anna Lupton. Je suis ravie car aujourd’hui mes jambes se sentent très bien… Par contre, il se met très rapidement à pleuvoir, accroissant mes doutes d’embrasser cette fois-ci l’admirable panorama du Nid d’Aigle, léchant spectaculairement le Glacier de Bionnassay, un des plus imposants du Massif du Mont-Blanc avec près de 5km de long. Sans à-coups et modérée, ma progression est dictée par ce final oh combien obsédant que je ne veux absolument pas aborder sans un minimum de fraîcheur.

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Mine
Vers le km8, je passe à la vitesse supérieure, n’ayant toujours pas lâché mes plus dangereuses rivales dans cette première portion trop roulante à mon goût où s’entremêlent passages plats et petites côtes ascendantes et descendantes. Le motif de cette nouvelle allure ? Je mets tout simplement à profit le terrain bien plus escarpé qui s’invite enfin au menu, et qui bien sûr à ma préférence. L’accélération est d’autant plus facile à mettre à exécution que mon rythme n’était guère violent jusqu’à maintenant. N’empêche, je continue à ne pas forcer outre mesure, prenant soin de continuer à gérer pour tout donner au moment de conclure.
Après une traversée plane d’une demi borne, j’arrive promptement au pied de cette fameuse et ultime difficulté du jour : un raidar de 500m de dénivelée en seulement 3km. Heureusement, mes sensations sont excellentes et je prends beaucoup de plaisir à cavaler sur ce tortueux single qui nous offre, au fur et à mesure de notre ascension, des points de vue de plus en plus saisissants sur le cirque de Bionnassay. Même si aucune concurrente n’est en vue, je ne relâche pas l’attention sans me mettre pour autant dans le rouge.
Alors que la pluie a cessé, je franchis la ligne en 2h18’47. Un chrono qui me comble de joie car très proche de mon temps référence de 2009, étant donné l’accroissement de la distance et de la dénivelée de cet opus.
Mes adversaires ne mettent pas longtemps à pointer leur nez, ce qui montre qu’il ne faut jamais se laisser griser lorsqu’on fait cavalier seul… Célia Chiron surgit ainsi 2’34 après moi. Mais quelle prouesse pour cette toute jeune maman (2), encore ignorée du circuit, mais qui au vu de son formidable potentiel ne risque pas de l’être très longtemps ! Puis débouche à 1’29 de Célia le sujet de Sa Gracieuse Majesté Anna Lupton, en vacances dans le secteur, qui prive du podium, et pour 1’25, la prometteuse Adélaïde Panthéon, 2ème avec Célia jusqu’au 15ème km avant de lâcher prise, victime d’hypoglycémie et de fatigue. Sans doute encore un peu frêle sur des formats de course excédant les deux heures, mais ça va venir !

Céline Lafaye

(1) Le parcours de repli de la Montée du Nid d’Aigle a été choisi en 2001, 2002, 2011, enfin 2012, et ce en raison de médiocres conditions atmosphériques.
(2) Célia Chiron a accouché de Mathis le 24 avril dernier.

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PHOTOS :
10427359_10152556638451063_381426490384843581_n20 juillet 2014, 28ème édition de la Montée du Nid d’Aigle.
Epinglant le dossard 10, Céline Lafaye (Amicale Laïque Echirolles Athlétisme, section de l’Entente Athlétique Grenoble 38 ; Team Scott Odlo Led Lenser), désireuse d’en découdre, s’est positionnée en première ligne au départ donné dans le Parc Thermal du Fayet. Elle triomphera en 2h18’47.
A droite de Céline, on reconnaît Adélaïde Panthéon (Clermont Athlétisme Auvergne) qui échouera au pied de la boite en 2h24’15.
Cliché de Stéphane Sclavo (site Web « Trails Endurance Mag »).
Montagne Celine Lafaye NA 201420 juillet 2014, 28ème édition de la Montée du Nid d’Aigle.
Céline Lafaye sur la rampe finale, peu avant l’épilogue.
Cliché de Georges Ongaro (quotidien « Le Dauphiné Libéré »). Un grand merci à lui !
10548795_916493945034486_3879949851029343334_o20 juillet 2014, 28ème édition de la Montée du Nid d’Aigle.
Céline Lafaye (à gauche) en compagnie au Nid d’Aigle de ses deux plus farouches adversaires que sont :
– Au centre, Célia Chiron (Coureurs du Monde en Isère), 2ème en 2h21’21.
– A droite, l’Anglaise Anna Lupton (Team Inov-8), 3ème en 2h22’50.

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