ENTRETIEN AVEC SEBASTIEN CHARNAY, LA TETE AILLEURS SUR LA RONDE DES GRANGEONS / 02-09-12

« J’AI SOUS-ESTIME L’EXIGENCE DU TRACE », NOUS DECLARE-T-IL

Dimanche dernier à Ambérieu-en-Bugey, il aura été indubitablement le premier surpris par la difficulté de la Ronde des Grangeons, la plus renommée des courses nature dans l’Ain, longue de 16,2km pour 560m de dénivelée positive et autant en négatif. In fine, il se contentait d’une 4ème place en 1h08’35 alors qu’il truste régulièrement les podiums départementaux sur route.
Il, c’est Sébastien Charnay, 35 printemps, originaire de Viriat où il demeure (nord de Bourg-en-Bresse), ayant acquis une forte notoriété après avoir intégré à compter de 2008 le top 20 des marathoniens hexagonaux.
En réalité, ce pur routier, pensionnaire de Pont-de-Vaux 01 Pulsion et du Team Run Alp Bourg-en-Bresse, avait accouru en pays ambarrois pour préparer les deux échéances majeures de sa fin de saison : les Championnats de France de semi-marathon à Nancy le 7 octobre puis ceux de marathon à Nice-Cannes le 4 novembre où il tentera d’annihiler ses records personnels, à savoir respectivement 1h08’20 (4 mars 2012 à Paris) et 2h22’09 (25 septembre 2011 à Berlin).
Dans un entretien exclusif pour « le Dauphiné Libéré », cette grande figure bressane revient sur sa prestation du week-end dernier. Dans les semaines suivantes, nous consacrerons à l’égard de cet athlète plusieurs autres reportages dont l’un détaillera son éblouissant parcours entamé en 1994 dans l’association « Viriat Marathon », sans oublier de braquer les projecteurs sur les deux substantiels rendez-vous qu’il a programmés.
FV

Question de FV : Dimanche, à la Ronde des Grangeons, tu as pensé cavaler au seuil, allure marathon. Or, tu as très vite déchanté, ton rythme étant sensiblement inférieur à ta prévision, soit 14km/h au lieu de 18. Comment expliques-tu ce malencontreux décalage ?
Réponse de Sébastien Charnay : Tout simplement parce que j’ai sous-estimé l’exigence du tracé ! Pour la seconde course nature de mon existence, j’aurais dû en effet être beaucoup plus sur mes gardes. Outre la platitude de mes terrains d’entraînement, je ne m’étais jamais aligné jusqu’à maintenant sur une épreuve aussi accidentée par sa dénivelée et aussi cassante par ses montagnes russes.
Le 9 octobre dernier, j’avais certes étrenné la course nature en prenant le départ du 10km de la Foulée Seillonnaise. Mais si là-bas j’ai pu l’emporter, cela est dû au caractère roulant de cette compétition qui n’avait donc rien de comparable avec celle du Bas-Bugey.
Inutile de souligner que mes enjambées sont importantes, aux antipodes de celles du coureur de montagne.
Autre facteur qui peut éclairer la distorsion entre mes ambitions affichées et ma prestation est ma trop grande charge d’entraînement, galopant en effet quotidiennement avec trois séances d’intensité. Le mardi précédant le jour J a ainsi été marqué par 15×500 m à 110% de la VMA, ce qui n’a pas manqué de laisser des traces dans mon organisme.
En clair, je n’étais aucunement en condition de relever la gageure ambarroise !

Question de FV : Mais pourquoi alors être venu à Ambérieu ?
Réponse de Sébastien : Néophyte sur ce type d’épreuve, je l’ai opté uniquement dans le cadre de ma préparation du Semi-Marathon du Grand Nancy le 7 octobre et du Marathon des Alpes-Maritimes Nice-Cannes un mois plus tard, tous deux servant de support pour les France.
Or, il faut savoir qu’en dehors d’une sortie sur piste avec mes camarades de club à Bourg-en-Bresse, je m’entraîne en solitaire chez moi, exécutant des exercices éprouvants pouvant confinant à une certaine monotonie. Aussi, au lieu d’entreprendre un 20km assorti de 3x 3000m au seuil, à 9’20 la série, j’ai préféré m’immerger dans l’atmosphère enivrante de la compétition en croisant moult connaissances, tout en prenant soin de respecter ladite vitesse au seuil.

Question de FV : On t’a vu partir très vite. Pourquoi ?
Réponse de Sébastien : J’avais observé que les trois premiers km et demi jusqu’au Lac Bleu (294m)  étaient roulants, sinon descendants, ceux là même que j’affectionne tout particulièrement ! En dépit de ce départ canon qui m’a vu occupé la proue, le Lyonnais Arnaud Bonin qui fait un malheur cette saison en course de montagne et sur km vertical ainsi que le Bourguignon Régis Roux, champion de France de la discipline en 2003, n’ont cessé de coller à mes basques. Mais à ce moment-là, j’étais particulièrement serein, n’imaginant pas un seul instant qu’ils allaient bientôt me déposer.

Question de FV : Quand as-tu décroché ?
Réponse de Sébastien : A partir du km3,5 et l’irruption des côtes, mes jambes ont commencé à me piquer. Malgré tout, j’ai pu conserver la tête, accompagné bien sûr de mes deux cerbères. Hélas, peu avant le 5ème km, mes rêves de victoire partaient en fumée. Dans la première véritable rampe accédant aux ruines du château de Saint-Germain, toit du parcours à 460m, Bonin et Roux s’échappaient sans autre forme de procès. Une minute après, le futur lauréat, l’inattendu Espagnol Ignacio Sanchez Garcia, parti prudemment, les imitait tout en prenant de mes nouvelles, humant ainsi mes déboires. Je ne devais plus les revoir.
Dès lors, sans me faire dépasser, j’ai pu dérouler tranquillement, ce qui m’a permis de contempler le magnifique terroir ambarrois que je découvrais. Au final, un épisode bien agréable dans ma préparation marathon.

Propos recueillis par François Vanlaton pour le compte de la page sport de l’Ain du « Dauphiné Libéré », en date du mercredi 5 septembre 2012.


REPERES :

– Né le 30 juin 1977 à Bourg-en-Bresse.
– 1m80 pour 68kg.
– Marié avec Gladys (35 ans), ayant deux enfants, Naël (3 ans) et Eline (7 ans).
– Réside dans la Bresse à Viriat où il est originaire.
– Technicien de maintenance en électrotechnique automatisme dans l’entreprise Marie à Viriat.
– Sociétaire du Pont-de-Vaux 01 Pulsion à compter de 1997.
– Sponsorisé par Run Alp Bourg-en-Bresse depuis 2007 qui lui a fait signer un contrat, d’abord avec Asics puis à partir de 2009 avec Adidas.


PALMARES 2012 :

Cross-country :
– 15 janvier, Championnats de l’Ain à Prévessin-Moëns, cross long (9,1km) : 1er et 1er senior en 34’15.

Nature :
– 2 septembre : Ronde des Grangeons (16,2km) : 4ème et 4ème senior en 1h08’35.

Route :
– 19 février, Foulées San Priotes (10km non labellisé) : 5ème et 4ème senior en 32’31.
– 10 mars, 10km de Bourg-en-Bresse : 31’53 (IR1). 3ème et 3ème senior (2ème Français).
– 4 mars, Semi-Marathon International de Paris : 1h08’20 (N4), record personnel. 21ème et 15ème senior (1er Français).
– 18 mars, Marathon de l’Espace à Kourou : 2h38’40. 2ème et 2ème senior. Tempétature caniculaire (35°), humidité prégnante, fort vent de face.
– 1er avril, Championnats de France de 10km à Roanne : 31’19 (IR1). 41ème et 37ème senior.
– 7 avril, 10km de Buellas (non labellisé) : 1er en 32’08.
– 15 avril, Foulées de la Chambière (10km non labellisé) : 1er en 34’25.
– 21 avril, Foulées Sanrémoises (10km non labellisé) : 1er en 33’01.
– 19 mai : Foulée Vandenoise (10km non labellisé) : 1er en 33’45.
– 9 juin, Marathon Relais des Entreprises et Associations (par équipe de six) : 1er, Sébastien assurant le 1er tour (6km) en 19’04 ainsi que le 7ème et dernier (6km) avec ses cinq coéquipiers en 22’02. Equipe : Team Run Alp Bourg-en-Bresse.
– 20 au 23 juin, L’Ain en Courant (425km, course en quatre étapes de six relais par équipe de sept) : 1er en 27h26’45. Equipe : Pont-de-Vaux 01 Pulsion.
– 6 juillet, Corrida Maurice Violand (6,9km) : 1er en 20’19.
– 29 juillet, les 10000m de Saint-Trivier-de-Courtes (10km non labellisé) : 2ème et 1er senior en 33’52.
– 4 août : Foulée de la Vogue (10,350km) : 1er en 34’53.
– 12 août : Couse d’Etrez (10km non labellisé) : 1er en 31’42.
– 26 août : Sur les Pas de Tanguy (10km non labellisé) : 1er.

Piste :
– 12 mai : 2000m des Epreuves inaugurales sur invitation à Oyonnax (finale directe 1) : 5’44’’35, record personnel. 6ème et 6ème senior.
– 18 mai : 3000m du Semi-Nocturne à Bourg-en-Bresse (finale directe 1) : 8’55’’70 (IR3). 1er.
– 2 juin : 1500m du Meeting National Est-Lyonnais à Chassieu (finale directe C) : 4’07’’57 (IR3). 1er.
– 15 juin : 3000m du Semi-Nocturne à Bourg-en-Bresse (finale directe 1) : 8’48’’61 (IR3), record personnel. 3ème et 3ème senior.

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PROCHAINES ECHEANCES 2012 (LISTE NON-EXHAUSTIVE) :


– 9 septembre : Vonnas-Châtillon (22km).
– 15 septembre : Foulée Jonçoise (10km non labellisé).
– 22 septembre : Course Pédestre d’Attignat (10,413km).
– 7 octobre : Championnats de France de semi-marathon du Grand Nancy.
– 4 novembre : Championnats de France de marathon des Alpes-Maritimes Nice-Cannes.


RESULTATS DE LA RONDE DES GRANGEONS DU 2 SEPTEMBRE 2012 :

Ils figurent sur le site Web de la manifestation :
http://ronde.amberieumarathon.org/resultats.php

semi de Bourg 2010
6 mars 2010, Semi-Marathon de Bourg-en-Bresse.
Nonobstant un profil pas spécialement roulant (67m de dénivelée), Sébastien Charnay, à droite, y établira son temps étalon en 1h08’21, terminant par là même 5ème et 2ème Français. Il lui faudra patienter deux ans avant de l’annihiler, précisément le 4 mars dernier à Paris où il l’abaissera d’une minuscule seconde.
A ses côtés, on distingue la frimousse de Philippe Robin, une des icônes de l’Entente Athlétique Bressane, qui s’adjugera la 6ème place en 1h09’39.
treffort2010
Ci-dessus : 15 août 2010, la Miou (9km).
Sébastien Charnay impose le tempo sur cet incontournable rendez-vous de l’été dans l’Ain, se tenant à Treffort en pays revermontois. Au final, il l’emportera en 28’13.
Dans ses talons, on distingue avec le dossard 325 Nicolas Duclos (Ambérieu Marathon), et avec le dossard 216 Dominique Delbe (Entente Athlétique Bressane mais demeurant à Meythet, près d’Annecy), respectivement futurs 2ème en 28’38 et 10ème en 30’28.
Cliché de Pascal Pierrain alias Photogone.

10km bourg en bresse
5 mars 2011, 10km de Bourg-en-Bresse.
Sébastien Charnay est sur le point d’achever sa chevauchée, et ce en 3ème position, soit 1er Français, en 31’36.

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25 septembre 2011, BMW Berlin-Marathon.
A cette occasion, Sébastien Charnay (dossard 6746, à gauche en vert) portera sa marque personnelle à 2h22’09, bonifiant ainsi son ancien record de 13’’ remontant à sa seconde expérience en la matière, intervenue à Genève le 28 septembre 2008. Il se classera alors 37ème et 5ème Français.

10km Bourg
10 mars 2012, 10km de Bourg-en-Bresse.
Sébastien Charnay (dossard 19) en bonne compagnie. Il s’adjugera la 3ème position comme l’année précédente mais avec un chrono supérieur de 17’’, soit 31’53 (2ème Français également). En vérité, une excellente prestation, étant donné les bourrasques de vent balayant ce jour-là la capitale bressane.

10km Bourg 2
10 mars 2012, 10km de Bourg-en-Bresse.
Sébastien Charnay, cette fois-ci en solitaire.

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20 au 23 juin 2012, L’Ain en Courant (425km, course en quatre étapes de six relais par équipe de sept).
L’escouade de Sébastien Charnay (dossard 66), Pont-de-Vaux 01 Pulsion, reçoit un accueil enthousiaste au parc de loisirs de Bouvent (commune de Bourg-en-Bresse), terme de l’épreuve qu’elle enlève haut la main en 27h26’45.
On reconnaît à l’extrême droite Céline Mey, juste à ses côtés Lionel Ribeiro (fils de José), et à gauche de Sébastien Paul Durand.

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4 août 2012, Foulée de la Vogue (10,350km).
Cette épreuve, disputée à Saint-Martin-le-Châtel (Bresse), tombera dans l’escarcelle de Sébastien Charnay en 34’53.

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2 septembre 2012, Ronde des Grangeons (16,2km).
A l’occasion de sa première course nature pimentée par de la dénivelée (560m positifs et idem négativement), concourue à Ambérieu-en-Bugey, Sébastien Charnay, ici s’apprêtant à franchir la ligne, échouera au pied du podium en 1h08’35. Ce qui est vraiment peu banal dans l’Ain où il écume habituellement le tiercé de tête.
Cliché de Pascal Pierrain alias Photogone.
Merci Pascal pour la transmission éclair de la photo !


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