ENTRETIEN AVEC MATTHIEU GIRARD, PRECURSEUR DE L’ULTRA-TRAIL SUISSE / 22-05-12

« JE PENSE, ET SANS L’ONCE D’UNE FORFANTERIE, QUE NOUS AVONS LANCE LE TRAIL EN SUISSE », NOUS DECLARE-T-IL

La troisième tentative aura été la bonne ! Après deux succès infructueux en 2010 et 2011, où il se classait tout de même respectivement 4ème et second, l’Helvète Matthieu Girard a enfin remporté le 14 avril dernier l’Ultra Montée du Salève (Haute-Savoie). Pour cela, il lui aura fallu braver en 4h41’36 et à huit reprises un redoutable mur présentant une déclivité de 27,7%. Stupéfiant mixage de km vertical et d’ultra-trail, cette épreuve offre un parcours de 3,289km pour 663m de dénivelée positive qu’il s’agit d’avaler le maximum de fois dans un créneau de 6h, la descente s’effectuant en téléphérique.

A seulement 1’03 du record établi il y a deux ans par le Rhodanien Yann Nourry, mais sur un sol autrement plus détrempé et donc savonneux, la performance du Suisse est de taille. En réalité, elle ne fait que refléter le caractère accompli de ce solide athlète d’1m78 pour 68kg.
Mais ses prouesses sportives ne suffisent pas seulement à expliquer sa notoriété. C’est qu’il est également connu pour avoir porté sur les fonts baptismaux le premier ultra excédant les 100km dans son pays : le Trail Verbier – Saint-Bernard.
FV

Question de FV : Peux-tu nous dire un mot sur ton fait d’armes survenu au Salève, la sentinelle genevoise ?
Réponse de Matthieu Girard :
Je m’étais parfaitement préparé même si je n’avais rechaussé mes running qu’aux premiers jours de mars tout en poursuivant ma saison de ski-alpinisme qui d’ailleurs n’est toujours pas achevée en cette mi-mai ! Ainsi, près de chez moi, j’ai pu mettre à profit un raidard pour le croquer à moult reprises, puis une télécabine reliant Le Châble à Verbier pour redescendre, soit des conditions en tous points analogues à celles du Salève !

Question de FV : Pourrais-tu te dépeindre succinctement ?
Réponse de Matthieu :
Marié, deux enfants, je suis né le 19 juin 1972 à La Chaux-de-Fonds (canton de Neuchâtel), ma famille étant originaire de Martigny, principale ville du Bas-Valais.

Résidant à Versegères, village valaisan de 350 âmes niché à 890m d’altitude dans le Val-de-Bagnes, fief du grand champion de ski que fut Roland Collombin, j’enseigne juste à côté, précisément au Châble, en cycle d’orientation, équivalent du collège hexagonal.
Enfin, j’endosse les couleurs, à la fois de l’association « Les Trailers Verbier – Saint-Bernard » à partir de 2008, et du néo-Team Icebreaker à compter de 2011 où je fais office en quelque sorte de leader. Sans occulter Ultrafondus dont je partage pleinement la philosophie, en particulier sur la solidarité entre trailers, élitaires et sans-grades confondus.

Question de FV : Comment t’es-tu immergé dans le sport ?
Réponse de Matthieu :
Je l’ai abordé par l’alpinisme et ses multiples disciplines. En 1996, je découvre le ski alpinisme et participe à ma première Patrouille des Glaciers, prémices de la compétition. Dès lors, tout va s’enchaîner à la vitesse de l’éclair, acquérant mon brevet de guide de montagne en 2001, puis effectuant deux ans plus tard à ski la première traversée de la légendaire Haute Route Chamonix-Zermatt en une seule étape et dépourvu de moyens de transport en 25h50.

Question de FV : Quels ont été tes premiers pas dans la course à pied ?
Réponse de Matthieu : Je l’ai étrennée en course de montagne qui est une véritable
institution en Suisse, disputant entre autres Sierre-Zinal en 1999 (447ème en 4h27’41). En revanche, la piste et la route me sont restés étrangères à l’exception d’une incursion en 2005 dans le sacro-saint milieu des marathons. Hélas, l’expérience ne fut pas concluante, terminant à Lausanne en 3h15’33 perclus de crampes et de courbatures. L’asphalte et les longs plats n’étaient tout simplement pas mon domaine !


Question de FV :
Comment es-tu devenu ultra-trailer ?

Réponse de Matthieu : En tombant en 2003 sur un flyer de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB) qui venait d’éclore, et ce à l’occasion de la Pierra Menta. Avec célérité, je me suis inscrit mais hélas, complètement cuit, j’ai été contraint de jeter l’éponge à Champex alors que j’occupais la 20ème position. Malgré cette infortune, j’ai aussitôt eu un coup de cœur vis-à-vis de cette épopée, aussi bien sa dimension que le parfum d’aventure qu’elle inhale. Depuis, tel un défi à moi-même, j’y suis retourné six fois, accomplissant ma plus belle action d’éclat sur le millésime 2008 en 24h19’57, avec à la clef une 7ème place et la 5ème chez les seniors.
En tout cas, l’UTMB va me transfigurer, adoptant sans coup férir ce format de course, tant la distance que le profil. Je cherche alors d’autres épreuves de cet acabit, à l’image de la Grande Course des Templiers en 2003 et de la SaintéLyon en 2004-2005.
Du sportif contemplatif, je suis donc passé progressivement au compétiteur, ce qui ne m’empêche pas de partir aussi avec des clients ou mes enfants dans un but de pure découverte, sans penser entraînement ou chronomètre. En vérité, la montagne offre cette double facette et je trouve enivrant de les explorer toutes les deux sans refouler aucunement le compétiteur qui sommeille chez la plupart des alpinistes.

Question de FV : Quelle est ta semaine type d’entraînement ?
Réponse de Matthieu : Mes séances oscillent entre 6h et plus de 20h hebdomadaires suivant la période.
En tout cas, durant la préparation d’un objectif, je cavale une fois par jour, parfois davantage. J’ai mis un terme aux plans préétablis, variant au contraire mes créneaux dévolus aux entraînements ainsi que mes allures. Je n’en épouse pas moins les principes de base traditionnels que sont les exercices spécifiques au seuil et en VMA ascensionnelle, les footings lents et les sorties longues de 3h qui peuvent atteindre 6h une fois par mois et 12h pour un objectif majeur.
Comme je dois beaucoup jongler avec mes exigences familiales et professionnelles, j’adapte ma préparation en fonction du temps à disposition. Je suis un partisan acharné de l’entraînement croisé et je mixe alpinisme, course à pied et vélo, voire natation l’été, et exclusivement du ski l’hiver, alternant « les peaux » avec le fond.

Question de FV : Qu’est ce qui a catalysé ton désir d’endosser le costume d’organisateur d’ultra-trail ?
Réponse de Matthieu :
Lorsque j’ai commencé à goûter à la très longue distance, je me suis vite rendu compte qu’il fallait migrer chez mes voisins français pour assouvir ma flamme.
Avec quelques amis, l’envie m’est donc venue de créer dans la Confédération Helvétique un premier ultra-trail dépassant le seuil fatidique des 100km. Le cadre fut tout trouvé : ce sera le Val-de-Bagnes, où j’ai élu domicile, agrégé au Pays de Saint-Bernard dont le fameux chien est l’icône. Enfin, l’idée était de labelliser notre contrée en faisant de cet événement un des ambassadeurs de notre région prise dans sa globalité, le parcours alternant franchissements de cols et visites des villages. De là, est né le 2 décembre 2008 à La Fouly le Trail Verbier – Saint-Bernard (TVSB), à l’occasion de l’assemblée constitutive de l’association « Les Trailers Verbier – Saint-Bernard », nom officiel du comité d’organisation.

Question de FV : Quel bilan rapide fais-tu de ta manifestation après trois ans
d’existence ?
Réponse de Matthieu :
Indubitablement, le succès a été au rendez-vous. Les chiffres de participation parlent d’eux-mêmes : de 440 trailers en 2009, ce qui est remarquable pour une édition princeps, nous sommes passés à 780 l’an passé, atteignant le point d’orgue en 2010 avec 881 athlètes.

D’autre part, je pense, et sans l’once d’une forfanterie, que nous avons lancé le trail en Suisse car cette année de nombreuses manifestations de cette nature voient le jour, au demeurant sur trois des quatre aires linguistiques. C’est une excellente nouvelle car cela veut dire qu’il y a de la demande bien que le coureur suisse ne soit pas encore enclin à se lancer dans des distances dépassant les 42km. Sur notre trail par exemple, c’est encore le format inférieur, à savoir 61km, qui est le plus prisé, avec 511 concurrents au départ contre 269 sur le 110km. Notre intention à moyen terme sera d’inverser cette tendance, mais peut-être que je suis un peu utopiste.
J’ajouterai que si le TVSB est aujourd’hui une valeur sûre, c’est en partie grâce au soutien et aux conseils prodigués par les architectes de l’UTMB que nous avons contactés très en amont. D’ailleurs, suite à cet épisode, nos liens en sont désormais indéfectibles.

Question de FV : Comment le compétiteur que tu es s’est transmué en organisateur ?
Réponse de Matthieu :
Ce ne fut pas une sinécure !
La première année, j’ai enfilé le dossard après l’avoir concoctée. Mais à compter de 2010, j’ai pris conscience qu’en tant que directeur de course et responsable de la sécurité, il faut savoir raison garder.

Passer de l’autre côté de la barrière fut une formidable expérience, révélatrice à bien des égards. On mesure mieux tout le travail qu’un tel événement demande. Pareillement, cela permet de relativiser la contreperformance sportive et de réaliser que le trailer a aussi des responsabilités quand il prend le départ.
Nous sommes encore un comité entièrement bénévole mais nous touchons dorénavant nos limites. En outre, et là c’est l’athlète qui parle, je fais très attention à ce que cette monumentale charge de travail ne vienne pas empiéter sur mes heures d’entraînement.

Question de FV : Quel œil as-tu sur les critiques incessantes envers l’UTMB ?
Réponse de Matthieu : La maîtrise d’oeuvre est désormais en partie professionnalisée et cela dérange certains. Mais le commun des mortels doit bien se rendre compte que mettre en place une telle organisation ne s’opère pas en deux-trois réunions. Concernant le TVSB dont la structure est pourtant infiniment plus réduite, nous sommes au sein du comité trois personnes qui y consacrent quasiment toutes leurs soirées ! Eh oui !
Connaissant bien le couple Poletti, s’il y a une chose qu’on ne peut pas leur reprocher, c’est de ne pas agir avec passion. Ils gagnent leur vie avec ça ? Quoi de plus normal ! Vous connaissez beaucoup de gens qui travaillent à 100% de façon bénévole ? Alors évidement, cela a comme corolaire d’amplifier la manifestation. Mais là encore, si certains n’apprécient pas de se retrouver à 2500 derrière une ligne de départ, qu’ils aillent sur d’autres épreuves plus modestes. A ce que je sache, il y a tous les formats possibles pour tous les goûts.
Mais s’il vous plaît, cessons de jeter l’anathème au nom d’un soi-disant esprit trailer. Beaucoup, et j’en fais partie, affectionnent d’arpenter en solitaire la montagne sur un monotrace, et parallèlement de se retrouver à plus de 2000, une fois par an, pour vivre de concert une odyssée hors du commun.

Question de FV : Quelles sont tes échéances 2012 ?
Réponse de Matthieu : Excepté la fin de saison jalonnée par le 50km des Aiguilles Rouges et l’Endurance Trail des Templiers, je vais faire l’impasse sur la course à pied, privilégiant les compétitions cyclistes sur route. La causalité ? Une pernicieuse et récurrente tendinite du TFL droit contractée il y a deux ans sur le Nivolet-Revard et qui a engendré mon abdication sur l’UTMB l’été dernier. Mais je suis bien décidé à revenir plus affûté que jamais en 2013 afin de rallier la place du Triangle de l’Amitié, et ce pour la 8ème fois !  

Propos recueillis par François Vanlaton pour le compte des deux sites Web suivants :
– « Trails Endurance Mag », en date du mardi 22 mai 2012 :
http://www.endurance-mag.com/actus/trail/matthieu-girard-pionnier-de-lultra-trail-suisse/
« Promosports », en date du jeudi 28 juin 2012 :
http://promosports.over-blog.com/article-matthieu-girard-pionnier-de-l-ultra-trail-en-suisse-107541184.html


PALMARES EN TRAIL :

2003 :
– 30-31 août, Ultra-Trail du Mont-Blanc : abandon à Champex, en raison d’un manque de préparation, alors qu’il était classé 20ème et 11ème senior après 19h39’33 de chevauchée.
– 26 octobre, Grande Course des Templiers : 221ème et 106ème senior en 8h15’27.

2004 :
– 27-29 août, Ultra-Trail du Mont-Blanc :
25ème et 13ème senior en 27h53’23.

– 5 décembre, SaintéLyon : 77ème et 43ème senior en 6h12’33.

2005 :
– 4 décembre, SaintéLyon :
35ème et 21ème senior en 5h53’18.

2006 :
– 3 juin, Grand Raid du Cro-Magnon : 6ème et 4ème et senior en 11h36’57.
– 25-27 août, Ultra-Trail du Mont-Blanc :
15ème et 9ème senior en 24h21’40.

2007 :
– 21-22 juillet, Tour du Beaufortain :
2ème en 11h40.

– 4 août, Grand Trophée des Combins : 5ème et 4ème senior en 2h18’03.
– 24-26 août, Ultra-Trail du Mont-Blanc : 13ème et 9ème senior en 24h32’17.

2008 :
– 29-31 août, Ultra-Trail du Mont-Blanc : 7ème et 5ème senior en 24h19’57.
– 11 octobre, Défis du Jubilé (68km) : 1er et 1er senior en 5h58.

2009 :
– 31 mai, Trail des Allobroges (55km) :
8ème et 7ème senior en 6h45’44. 
4-5 juillet, Trail Verbier – Saint-Bernard (105km) : 4ème et 3ème senior en 15h17’28.

– 27 septembre, Trail des Aiguilles Rouges : 3ème et 2ème senior en 6h31’23.

2010 :
– 10 avril, Ultra Montée du Salève :
4ème et 3ème senior en 4h08’37 en 7 montées.

– 2 mai, Nivolet-Revard : 34ème et 20ème senior en 4h51’15.
– 27-29 août, Ultra-Trail du Mont-Blanc : course arrêtée à Saint-Gervais-les-Bains alors qu’il était classé 65ème après 2h08’54 de chevauchée.

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2011 :
– 9 avril, Ultra Montée du Salève :
2ème et 2ème senior en 4h42’18 en 8 montées.

– 12 juin, Trail des Allobroges (58km) : 1er ex aequo et 1er senior ex aequo avec son pote Jules-Henri Gabioud en 7h14’51.
– 17 juillet, Ice Trail Tarentaise (32km) : 7ème et 6ème senior en 4h12’28.
– 6 août, Grand Trophée des Combins : 1er et 1er senior en 2h16’46.
– 26-28 août, Ultra-Trail du Mont-Blanc : abandon à Arnuva (km95), en raison du réveil d’une tendinite au TFL droit, alors qu’il était classé 54ème après 13h59’05 de chevauchée.

2012 :
14 avril, Ultra Montée du Salève : 1er et 1er V1 en 4h41’36 en 8 montées.


INFOS PRATIQUES SUR LE 4EME TRAIL VERBIER – SAINT-BERNARD DES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JUILLET 2012 :

Trois courses :
La Boucle : 110km pour 7014md+ et 7014md-.
La Traversée : 61km pour 4045md+ et 4160md-. 
Parcours Liddes-Verbier : 29km pour 2500md+.

Départs :
La Boucle : samedi 7 juillet à 5h à Verbier.
– La Traversée : samedi 7 juillet à 10h à La Fouly.
– Parcours Liddes-Verbier : samedi 7 juillet à 15h à Liddes.

Renseignements complémentaires :
– Site Internet : http://www.trailvsb.com/


PHOTOS :

Elles m’ont été transmises par Matthieu Girard, excepté celle du 14 avril 2012 sur l’Ultra Montée du Salève qui m’a été adressée par Gérard Brouard.

UTMB2008
29-31 août 2008, Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB).
Matthieu Girard à son acmé ! Il finira en effet 7ème (5ème senior) en 24h19’57, soit à 3h22’58 du lauréat Kilian Jornet Burgada.

UTMB2008-2
29-31 août 2008, Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB).
Matthieu Girard.

TRAIL VERBIER ST BERNARD 04.07.09 VERBIER
4-5 juillet 2009, Trail Verbier – Saint-Bernard.
A gauche, Matthieu Girard qui porte la double casquette d’organisateur et de coureur à l’occasion de cette 1ère édition. Il se classera 4ème (3ème senior) en 15h17’28, à 3h00’33 du vainqueur Florent Troillet.
A droite, on reconnaît Ryan Baumann qui terminera 2ème (2ème senior) en 13h55’01.

Trail VSB_009
4-5 juillet 2009, Trail Verbier – Saint-Bernard.
Matthieu Girard
lors d’un ravitaillement.

TAR2009
27 septembre 2009, Trail des Aiguilles Rouges.
Le podium scratch, avec de gauche à droite : Dacchiri Dawa Sherpa (1er ex aequo en 6h19’44), Ludovic Pommeret (1er ex aequo en 6h19’44) et Matthieu Girard (3ème en 6h31’23).

Mathieu Girard
14 avril 2012, Ultra Montée du Salève.
Après ses 4ème et 2ème places, respectivement en 2010 et 2011, Matthieu Girard fait tomber la 3ème édition dans son escarcelle en 4h41’36 après 8 ascensions.

Cham-Zermatt2005
1er-2 avril 2005, Haute Route Chamonix-Zermatt.
Matthieu Girard en chef de file et Frédéric Farquet porteront le record de cette mythique traversée à ski en 21h50. Partis d’Argentière le vendredi 1er avril à 18h05, ils verront leur compagnon Didier Ançay abandonner à la cabane de Valsorey, victime de maux d’estomac.
Leur temps référence sera annihilé le 2 mai 2008 par le tandem constitué du Mauriennais Lionel Bonnel et du regretté Stéphane Brosse, effectuant le raid en 21h11. Aujourd’hui, le record est la propriété de trois Morzinois, les frères Alain et Jean-François Premat ainsi que Sébastien Baud qui, le 2 avril 2011, parviendront à Zermatt en 18h50’29.

Cham-Zermatt
Matthieu Girard sur la Haute Route Chamonix-Zermatt.

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