LE CONTE DE FEES DE CHRISTEL DEWALLE : PORTRAIT AUGMENTE ET REACTUALISE APRES SON RECORD MONDIAL AU KM VERTICAL DE FULLY / 20-10-12

Mais qui aurait pu miser un kopeck sur Christel Dewalle, cette jeune fille frêle et timide, accourue de nulle part, inconnue des pelotons, auteur d’un parcours extraordinaire digne d’un conte de fées, entamé le 22 mai 2011 par une retentissante victoire sur l’édition princeps de l’Ultra Tour du Môle ?
Pas grand monde à vrai dire, personne en réalité, tant la Haut-Savoyarde renverse tout sur son passage, coupant l’herbe sous le pied non seulement à ses rivales les plus aguerries mais encore à la plupart des garçons.
Son premier théâtre d’opérations ? Le km vertical où son leadership est sans partage, y compris en dehors de l’Hexagone, comme en témoignent ses deux prouesses survenues cette saison à Manigod (championne de France de Skyrunning) puis à Fully (record planétaire en 36’48).
La Faucignerande (1) est également à son avantage sur le trail courte distance où elle ne laisse que des miettes à ses concurrentes bien que ses prestations-là demandent confirmation auprès de l’élite nationale. Enfin, même si la fragilité de son dos lui interdit d’en croquer à profusion, elle s’essaye avec bonheur dans les aventures au long cours comme l’illustre sa probante 5ème place sur l’ultime CCC.

L’existence de Christel Dewalle est avant tout marquée par son attachement viscéral à la montagne, lui vouant ainsi un caractère quasi-religieux. Raison pour laquelle cette femme au foyer décide le 13 septembre 2010 de repartir à l’assaut des cimes, mettant à profit la nouvelle scolarité à la journée de sa seconde fille née en 2006.

« Le Fuji-Yama » du Faucigny dans son viseur
Comme objectif principal, elle s’assigne l’un des sommets symbolisant dans toute sa splendeur la Haute-Savoie. En dépit de son altitude modeste (1863m), on le remarque en effet de très loin tant il se détache et s’individualise à l’excès. Repérable encore par sa prestance, une fine et esthétique pyramide en l’occurrence, qui n’est pas sans évoquer, surtout quand il enfile son manteau blanc, le Fuji-Yama, ce volcan cher au coeur des Japonnais, toit de l’archipel nippon avec ses 3776m. En franchissant le Col d’Evires depuis Annecy, c’est lui qui saute soudainement à nos mirettes. En musardant dans les rues de la cité de Calvin, c’est encore lui qui barre l’horizon entre Voirons et Salève.
Authentique cerbère du Faucigny, s’immisçant avec fracas entre Vallée de l’Arve au sud et celle du Giffre au nord, le Môle, puisque c’est de lui qu’il s’agit, ne cesse de hanter la vie de Christel Dewalle dont le domicile à Cornier, village de 1200 âmes à une petite lieue de la Roche-sur-Foron, est placé sous son ombre tutélaire.
En cet été 2010 expirant, la Faucignerande piaffe d’impatience pour être enfin son hôte quotidien, tout au moins cinq jours par semaine. Reste à dégoter le parcours qu’elle veut immuable. Ce sera celui des Gallinons, du nom du hameau qui surplombe Ayze, à deux pas de Bonneville, induisant quelques 1160m de dénivelée positive sur 6km. En somme, une véritable montée sèche.
Pour parer à toute lassitude, elle s’évertuera à assaillir et conquérir d’autres forteresses emblématiques, à savoir celles du Massif des Bornes qui surplombent, à l’image du Môle, sa proche demeure. Sous Dine (2004m) et Sur Cou (1809m), accusant un différentiel ascensionnel respectivement de 910 et 630m, n’auront ainsi plus aucun secret pour elle.

En mode randonnée
Au départ, il n’est pas question de cavaler mais juste de marcher et d’embrasser les panoramas à 180°. D’autant plus que sa flamme pour la montagne qui lui avait tant manqué pour pouvoir élever ses rejetons n’est pas l’unique motif pour arpenter les abrupts versants forestiers de la Basse Vallée de l’Arve. Ayant deux disques tassés engendrant une sciatique continue, elle privilégie sur le conseil de son médecin la randonnée en altitude.
In fine, ces incursions sur le relief seront caractérisées par un énorme volume de dénivelée positive, Christel ingurgitant ainsi par semaine quelques 6000m si on excepte l’hiver où elle réduit sensiblement la voilure.
Progressivement, elle va accélérer l’allure mais uniquement par pur plaisir, étant totalement étrangère à ce moment-là à l’idée de compétition. Ce qu’elle ignore alors, c’est que ces dizaines d’escapades aussi échevelées les unes que les autres seront directement à la base de son actuel et éloquent palmarès, en particulier sur km vertical.

Premier dossard en course nature
C’est en traversant le village de Bovère (2) lors d’une énième ascension du Môle, qu’une affiche retient son attention, dévoilant l’imminence d’un trail qui boucle le tour de sa montagne fétiche. L’occasion est trop belle pour la laisser passer. Sans l’once d’une hésitation, elle paraphe son engagement pour cet inédit Ultra Tour du Môle prévu le 22 mai 2011 à travers 33km et 3000m de dénivelée.
Le jour J, alors que certains athlètes au look affriolant ne pensent qu’à parader, la Corniérande ne passe pas non plus inaperçue. Mais la cause est toute autre. La néophyte tient en effet à préserver son identité, celle d’une classique randonneuse lestée d’un encombrant sac à dos aux antipodes du camel-back ou du porte-gourdes.
La finalité n’est pas la performance, Christel n’ayant d’ailleurs aucun repère. En vérité, il s’agit de s’éclater au sein d’une kyrielle de paysages qu’elle ne peut naturellement entrevoir lors de ses rituelles et identiques montées sèches.
Explorant le trail avec les oripeaux mais également l’âme d’une randonneuse, elle n’en touchera pas moins le jackpot, avec à la clef une 22ème place au scratch sur 130 partants. Cette divine surprise, elle la suscitera en se débarrassant d’adversaires rompus à ce type d’exercice à l’instar d’Isabelle Velarde, 2ème à 9’19, ou Rachel Bontaz, 3ème à 12’49. En attendant la remise des prix, l’impétrante, intimidée au milieu de concurrents qui lui étaient inconnus, retournera dans le seul jardin qui lui sied si bien : le Môle, allant ainsi à la rencontre de son compagnon Geoffrey qu’elle accompagnera et exhortera à conclure son odyssée.
Si par la suite, elle multipliera les compétitions, s’équipant enfin d’un camel, elle ne cherchera jamais à édulcorer sa fibre pour Dame Nature qui, avec sa famille, est le condensé de sa vie.
En tout cas, sa première saison avec ses running illustrera une singulière polyvalence en course nature, s’adonnant à des épreuves aussi hétérogènes que peuvent l’être le km vertical, le trail courte ou longue distance. En revanche, ni la course de montagne ni l’ultra ne la verront épingler de dossard.

L’apothéose du 20 octobre 2012
C’est sur les km verticaux qu’elle parviendra à son acmé. 2011 la verra décrocher la timbale au Môle (45’50 sur 4km) puis à Nantaux (43’06 sur 2,3km). Cerise sur le gâteau, elle se classera sur la mythique rampe de Fully, au cœur du Valais suisse, 5ème et 1ère française en 40’09. Soit le 3ème temps d’une Hexagonale dans l’histoire de cette manifestation dont le parcours a la réputation d’être le plus rapide au monde, tant par sa brièveté (1,920km), son pourcentage de pente (52% de moyenne) que par sa matérialisation (ancienne voie de funiculaire).
Cependant, ces premiers coups d’éclats allaient faire pâle figure au regard de ce qui allait suivre cette saison. Après avoir, le 29 mai, fait exploser de près de 4’ sa marque personnelle sur le Môle (41’53, avec une 7ème position au général), elle glanera le 11 juillet le titre de championne de France de Skyrunning, la 2ème manche du Manigod-Scott Challenge tombant dans son escarcelle. Et de quelle manière s’il vous plaît, puisqu’elle terminera 14ème au scratch dans le prodigieux chrono de 39’51. Au demeurant sur un parcours de 3,430km qui manque sérieusement en vélocité si on le confronte à Fully, théâtre du record mondial en 37’55, propriété de la Haut-Alpine Laetitia Roux à compter du 24 octobre 2009.
En conséquence, ce couronnement transplantait la Haut-Savoyarde dans le gotha international de cette atypique discipline, surgie en France à Val-d’Isère en 1996. Fin connaisseur de l’élite de la course nature, Jean-Louis Bal ne disait pas autre chose à la suite de ce triomphe : « Etant donné le parcours manigodin rédhibitoire à tout record mondial, son temps est tout simplement exceptionnel, Christel se positionnant d’emblée parmi et peut être même devant les meilleures spécialistes du km vertical. »
Et l’entraîneur de l’Espérance Favergienne de renchérir : « En effet, ce chrono est de très loin supérieur aux prestations intervenues concomitamment en Europe sur des tracés ayant peu ou prou une longueur analogue. Je pense ainsi aux 45’26 de l’Italienne Antonella Confortola le 29 juin à Chamonix (3,5km) ; aux 43’59 de l’Espagnole Oihana Kortazar aux Skygames atteints le 30 juin dans son pays (3km) ; ou encore aux 40’31 d’une autre Transalpine en la personne de Renate Rungger, survenus le 15 juillet à Chiavenna-Lagunc en Lombardie (3,3km). »
Dès lors, tous les observateurs avertis piaffaient d’impatience de l’avoir de nouveau à l’œuvre à Nantaux (16 septembre), mais surtout à Fully (20 octobre) où elle semblait en mesure d’abattre le chrono de Laetitia Roux, et ce pour une double raison. Son potentiel naturellement, dévoilé au grand jour à Manigod ; ensuite sa marge de progression, Christel, outre son jeune âge (29 ans), n’ayant en tout et pour tout que 17 mois de pratique. Une marge de progression qui est malgré tout entravée par ses multiples pépins physiques.
Aussi, sa seconde place à Nantaux, un mois avant Fully, résonnera comme un coup de semonce. C’était en effet la première fois qu’elle s’avouait vaincue sur km vertical, 10’’ la séparant de la fille victorieuse, la jeune pousse Axelle Mollaret, 20 printemps, qui rejoindra cet hiver, en tant qu’espoir, l’équipe nationale senior de ski-alpinisme après avoir fait ses classes au Club Alpin Français d’Annecy.
En dépit d’un chrono pourtant bien supérieur à 2011 (39’40 contre 43’06), elle ne cachera pas sa déception : « Je pense que je ne m’étais pas suffisamment remise de la CCC, mon ultra initiatique, concouru 15 jours auparavant dans des conditions éreintantes et engendrant une tendinite du TFL ». Ce qui n’enlevait rien à la performance d’Axelle, seule à ce jour, avec sa rivale, à descendre sous le seuil des 40’ sur le sol français, et surprise la première de son succès : « Je m’attendais à progresser sensiblement mais certainement pas à devancer Christel ! »
N’empêche, ce coup d’arrêt ne remettait nullement en cause sa mainmise sur le circuit mondial. D’autant plus qu’elle remettait les pendules à l’heure dès le 6 octobre, s’appropriant sans autre forme de procès la 3ème place au général sur la Môlinette (montée sèche du Môle sur 4,5km pour 700md+). Avec à la clef, la nouvelle marque de l’épreuve en 31’07, pulvérisant l’ancienne portée à 35’50 en 2007 par une certaine Aline Camboulives, championne de France en titre de course en montagne et de marathon.
Totalement rassérénée, Christel ne fit, le 20 octobre, qu’une bouchée de Fully. Abaissant d’1’07 le temps référence de Laetitia Roux, elle avalera la paroi valaisanne en 36’48, soit à l’hallucinante vitesse de 1630m à l’heure (!), adoptant les deux plantés de bâtons possibles : les deux simultanément en avant à l’instar des skieurs-alpinistes ou bien en alternance, option privilégiée par les coureurs de montagne. Son anxiété faillit pourtant lui jouer des mauvais tours, avoua-t-elle après coup : « Je n’ai pas dormi l’œil de la nuit puis j’ai éprouvé beaucoup de mal à me mettre dans le mouvement, dans la course. »

A l’épreuve de la gent masculine
Concernant le trail courte distance, il voit Christel préempter invariablement la plus haute marche du podium. A la différence près, et elle est de taille par rapport à ses qualités de verticalrunneuse, c’est qu’elle n’a pas eu à affronter de réelle concurrence à l’exception cependant du 42km de l’Aravis Trail, le 16 juin dernier, où 27 microscopiques secondes la séparèrent de sa dauphine, la redoutable Aixoise Laureline Gaussens. Ses faits d’armes demandent donc confirmation en présence de pelotons autrement densifiés et élitaires.
N’empêche, ses classements scratch sortent de l’ordinaire, intégrant cette saison le top 10 et parfois 5, taillant en conséquence des croupières à une flopée de garçons qui pourtant sont loin de jouer les faire-valoir : 6ème sur le 41km du Gypaète, 5ème sur le 42km de l’Aravis Trail, 4ème sur l’Incontournable, 8ème sur le 32km de l’Ice Trail Tarentaise, 11ème sur le 30km du Quechua Tour des Fiz. Aussi, ses résultats ne laissent poindre aucun doute sur l’étendue de ses possibilités sur le format compris entre 30 et 42km.
Sur le long, elle n’a été observée jusqu’à maintenant qu’à deux reprises, en 2011 précisément, où elle a tenu honorablement son rang, étant reléguée dans les deux cas à une demi-heure  environ de la lauréate sur une distance avoisinant les 50km : Courchevel X-Trail (3ème à 30’56 de Catherine Dubois), Aiguilles Rouges (4ème à 38’38 de Corinne Favre).
Quant à l’ultra, essayé donc sur la CCC, elle en ressort avec un sentiment mitigé. Ce challenge, elle le redoutait particulièrement : « Etant donné l’absence de sorties longues dans mes entraînements sans compter l’incertitude persistante autour de mes pathologies, je n’étais pas très fière à l’approche du jour J. Aussi, mon but était d’abord de terminer. »
S’envolant trop rapidement, elle en payera ensuite le prix face à des concurrentes aussi chevronnées que l’Ecossaise Ellie Greenwood, les deux Maud, Combarieu et Gobert, ainsi qu’Anne Valero. Virant en tête au Grand Col Ferret, toit du trail à 2537m, elle commencera à céder du terrain dans la descente sur La Fouly pour franchir la ligne à 1h42’43 de la Britannique.
Elle ne s’en classera pas moins à une très belle 5ème place. Manifestement, on aura connu des entames plus laborieuses. N’empêche, l’âpreté de cette épopée, en raison notamment d’une météo jouant avec les nerfs des trailers (brouillard, neige, pluie et vent), aura laissé des traces : « L’an prochain, mon souhait est de me cantonner au km vertical, à la course de montagne que j’ignore et au trail court. Peut-être disputerais-je deux 50km qui me tiennent à cœur (Courchevel et Aiguilles Rouges) mais je n’en ferai pas davantage, renonçant pour le moment à l’ultra. Même si je rêve, mais dans un futur plus lointain, de m’aligner sur l’UTMB et le Grand Raid de la Réunion. »

Heurs et malheurs
En attendant 2013, elle s’est mise en quête d’un entraîneur, faisant preuve d’une grande lucidité sur ses handicaps : « Il me faut absolument quelqu’un qui me recadre de A à Z car j’estime que la vie que je mène n’est pas digne d’une véritable athlète. A commencer par mon calendrier. Enflammée, j’enchaîne en effet trop d’épreuves, les plages dévolues au repos étant réduites comme peau de chagrin, générant ainsi d’inéluctables blessures. »
Des propos que ne renierait pas Jean-Louis Bal, connu aussi pour être le créateur et l’animateur de l’excellent site Web « Ski and Run », qui affirmait il y a peu : « Je pense que Christel peut mieux conduire sa saison de trail, en évitant d’abord de multiplier des épreuves de 4h et plus à raison d’une toutes les deux semaines, ensuite en affrontant une opposition plus musclée, davantage à son niveau ».
Et la Rochoise de poursuivre dans sa courageuse autocritique : « De même, le volet nutritionnel est encore trop déficient même si je suis parvenue à m’alimenter à intervalle beaucoup plus régulier et à abandonner les gels énergétiques, à l’origine de violentes nausées et autres vertiges en 2011 sur l’Aravis Trail et Courchevel. Parallèlement, je me dois d’apprendre à canaliser ma traditionnelle anxiété sur l’avant course, qui peut générer de vives douleurs sur la plante du pied, à l’image cette saison de la Verticale du Môle, l’Aravis Trail ou encore la 1ère manche du Manigod-Scott Challenge. Enfin, il me faut travailler les séances d’intensité ascensionnelle que je délaisse à tort. »
Maladies et blessures ne l’auront en tout cas jamais épargnée. La première infortune, qu’elle ne veut aucunement éventer, la contraindra au terme de la décennie 90 à stopper durablement la course à pied qu’elle pratiquait sur le tartan et en cross-country. Ce n’est qu’en 2009 qu’elle rechaussera ses running, cette fois-ci sur la route.
Aujourd’hui, un double handicap entrave son existence. D’une part, elle est victime d’une phlébite engendrant un œdème au mollet gauche. En dépit de son opération survenue le 25 novembre 2011, elle en garde encore des séquelles (insuffisance veineuse, varices). Par ailleurs, elle doit fréquemment supporter des lombalgies occasionnées par le tassement de deux de ses disques. Motif pour lequel elle ralentit désormais sensiblement sa vitesse dans les descentes.
Malgré tout, elle refuse de s’apitoyer sur son sort, gardant à tout moment un mental d’acier : « Les maux, c’est à bras-le corps et placidement que je les prends, étroitement soutenue au demeurant par mon époux qui endosse le rôle de bon samaritain. »

Le chant des sirènes
Face à la tornade Dewalle, les premières sollicitations ne tarderont pas. A vrai dire, elles interviennent aussitôt après sa prouesse au Môle, celle-là même qui l’aura mise au parfum le 22 mai 2011. Elles émanent du fameux club de l’Athlé Saint-Julien 74 qu’elle sera sur le point de rejoindre quatre mois plus tard. En effet, Christel désire être coachée afin de bonifier sa vitesse comparée à ses temps référence 2010 (1h28’02 au Semi-Marathon de Genève et 42’12 au 10km de Thônes), et ainsi améliorer son rendement sur les portions vallonnées que renferme sporadiquement le trail.
Un ralliement qui aurait été synonyme de retour aux sources pour celle qui a fréquenté à la fin des années 1990 la formation des bords de l’Aire, s’adonnant alors au cross-country et à la piste (1000m et 2000m). En 1998, mais sous les couleurs cette fois-ci du collège de Reignier, elle parvint d’ailleurs à se hisser aux Championnats de France de l’Union Nationale du Sport Scolaire, aussi bien sur le 4x1000m à Poitiers (4ème équipe) que sur le cross à Avignon.
Après mûre réflexion, elle décide de décliner l’offre, préférant garder une totale liberté dans sa préparation. D’autant plus que ses problèmes de santé lui interdisent dorénavant l’asphalte.
Autre appel du pied toujours au printemps 2011, celui de Roland Zede, le charismatique manager du Team Sport 2000 Pays Rochois, qu’il a porté en solitaire sur les fonts baptismaux en 2007 à partir de l’enseigne que dirige Fabrice Montègre, située à Amancy, près de La Roche-sur-Foron. Emballé par ses débuts en fanfare, il la pousse à gagner son escouade pour un triple motif : « Tout d’abord, son état d’esprit, mélange de gentillesse, de retenue et de simplicité, en phase avec l’atmosphère conviviale qui règne au sein du groupe. Sa jeunesse ensuite qui renouvellerait pour partie une équipe féminine quelque peu vieillissante. Et bien évidemment, son indiscutable talent conjugué avec une détermination sans faille qui en ferait l’une des égéries avec Aline Camboulives. »
Farouchement indépendante, Christel se laisse le temps de la cogitation pour finalement franchir le Rubicon en mars 2012, devenant par ricochet l’une des six filles du team sur un total de quinze athlètes (3). C’est qu’elle n’a pas oublié les innombrables contacts tissés avec Roland Zede, en particulier lorsqu’elle se procura ses chaussures de trail permettant son primo-exploit le 22 mai 2011 au Môle. Au demeurant, les prémices d’une renversante aventure…

François Vanlaton pour le compte de « Trails-Endurance Mag », numéro 96, décembre 2012 – janvier 2013, pages 34-35.

La première version du portrait de Christel Dewalle a été mise en ligne le 24 juillet 2012, à la fois sur :
– Notre site Internet « Trail-Running en Pays de Savoie/Ain » :
http://www.trail-running-savoie.fr/le-conte-de-fees-de-christel-dewalle/
– Le site Web « Trails Endurance Mag » :
http://www.endurance-mag.com/actus/trail/le-conte-de-fee-de-christel-dewalle/

(1) La Faucignerande est une habitante du Faucigny, ancienne province historique du duché de Savoie.
(2) Le village de Bovère intègre la commune de Saint-Jean-de-Tholome, sur le versant ouest du Môle.
(3) Outre Christel Dewalle, ces quinze athlètes du Team Sport 2000 Pays Rochois pour la saison 2011-2012 avaient pour noms :
Rachel Bontaz.
Caroline Boudin.
Aline Camboulives.
Marie-Laure Pavot.
Suzanne Perche.
Christophe Bontaz.
Nicolas Konyck.
Lionel Le Gouhinec.
Lionel Mathieu.
Sébastien Michel.
Patrick Montini.
Sylvère Pruvost.
Stéphane Roguet.
Didier Thévenard.


REPERES :

Née le 3 juillet 1983 à Annemasse de parents eux-mêmes annemassiens.
1m65 pour 46-47kg.
– Mariée avec Geoffrey (32 ans) ; deux filles, Océane (9 ans) et Alexia (6 ans).
Réside à Cornier dans le Faucigny.
Femme au foyer.
Sociétaire du Team Sport 2000 Pays Rochois à compter de mars 2012 et du Team +Watt à partir d’août 2012.

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PALMARES :

2009 :
– 5 décembre, Escalade Femmes 1 (4,787km) : 5ème en 19’18 (à 1’32 de la lauréate Monica Fuerholz).

2010 :
– 8 mai, Semi-Marathon de Genève : 8ème et 5ème senior (139ème au scratch) en 1h28’02 (à 8’05 de la lauréate Corinne Zeller).
– 17 juillet, 10km de Thônes : 5ème et 3ème senior (64ème au scratch) en 42’12 (à 3’14 de la lauréate Karine Marguerettaz).

2011 (cinq victoires et une 3ème place pour huit courses) :
– 22 mai, Ultra Tour du Môle (33km) : 1ère (22ème au scratch) en 5h17’50 (reléguant à 9’19 sa dauphine Isabelle Velarde).
– 29 mai, Verticale du Môle (4km) : 1ère (27ème au scratch) en 45’50 (reléguant à 2’06 sa dauphine Nadine Vion).
– 25 juin, première manche de l’Aravis Trail (36km) : 1ère (34ème au scratch) en 5h56’04 (reléguant à 4’04 sa dauphine Bénédicte Paturel).
– 10 juillet, Courchevel X-Trail (53km) : 3ème et 3ème senior (25ème au scratch) en 8h53’33 (à 30’56 de la lauréate Catherine Dubois).
– 31 juillet, Quechua Tour des Fiz (30km) : 1ère (16ème au scratch) en 4h18’21 (reléguant à 1’22 sa dauphine Sandrine Monier).
– 18 septembre, Ecotrail de Sommand (20km) : 1ère avant que la compétition ne soit arrêtée à cause des intempéries marquées par le froid, la neige, la pluie et le vent.
– 25 septembre, Trail des Aiguilles Rouges (50km) : 4ème et 2ème senior (39ème au scratch) en 8h19’55 (à 38’38 de la lauréate Corinne Favre).
– 2 octobre, Km Vertical de Nantaux (2,3km) : 1ère (47ème au scratch) en 43’06 (reléguant à 2’24 sa dauphine Catherine Juillaguet).
23 octobre, Km Vertical de Fully (1,920km) : 5ème et 4ème senior (105ème au scratch) en 40’09 (à 1’45 de la lauréate Maude Mathys).

2012 (douze victoires et une 2ème place pour quatorze courses) :
– 29 avril, Ultra Tour du Môle (36km) : 1ère (14ème au scratch) en 4h37’44 (reléguant à 33’22 sa dauphine Bénédicte Paturel).
– 20 mai, Verticale du Môle (4km) : 1ère (7ème au scratch) en 41’53 (reléguant à 7’46 sa dauphine Catherine Juillaguet).
– 2 juin, Trail du Gypaète (41km) : 1ère (6ème au scratch) en 5h38’08 (reléguant à 49’13 sa dauphine Suzanne Perche).
– 16 juin, Aravis Trail (42km) : 1ère (5ème au scratch) en 7h14’00 (reléguant à 27’’ sa dauphine Laureline Gaussens).
– 27 juin, 1ère manche du Manigod-Scott Challenge Km Vertical (3,430km) : 1ère (3ème au scratch) en 43’17 (reléguant à 5’53 sa dauphine Céline Jeannier).
– 1er juillet, Incontournable (33km) : 1ère (4ème au scratch) en 4h10’04 (reléguant à 22’48 sa dauphine Nadège Cavagna).
– 11 juillet, seconde manche du Manigod-Scott Challenge Km Vertical (3,430km), servant de support au Championnat National de Skyrunning : 1ère (14ème au scratch) en 39’51 (reléguant à 3’34 sa dauphine Axelle Mollaret).
– 15 juillet, Ice Trail Tarentaise (32km) : 1ère (8ème au scratch) en 4h08’11 (reléguant à 54’12 sa dauphine Adèle Milloz).
25 juillet, 3ème manche du Manigod-Scott Challenge Km Vertical (3,430km) : 1ère (5ème au scratch) en 41’13 (reléguant à 8’21 sa dauphine Christiane Lacombe).
– 29 juillet, Quechua Tour des Fiz (30km) : 1ère (11ème au scratch) en 3h58’19 (reléguant à 19’00 sa dauphine Juliette Benedicto).
– 31 août, CCC (85km au lieu des 98km prévus) : 5ème (96ème au scratch) en 12h49’14 (à 1h42’43 de la lauréate Ellie Greenwood).
16 septembre, Km Vertical de Nantaux (2,3km) : 2ème (24ème au scratch) en 39’40 (à 10’’ de la lauréate Axelle Mollaret).
– 6 octobre, Môlinette (4,5km) : 1ère (3ème au scratch) en 31’07 (reléguant sa dauphine Agnès Bardy à 8’59).
– 20 octobre, Km Vertical de Fully (1,920km) : 1ère (41ème au scratch) en 36’48 (reléguant sa dauphine Axelle Mollaret à 56’’), record du monde de km vertical.

cristel_ossat29 avril 2012, Ultra Tour du Môle.
Pour sa reprise en 2012, Christel Dewalle effectuera une véritable promenade de santé dans « son jardin » dont elle connaît le moindre recoin, là-même où, l’année précédente, elle s’était fait connaître en remportant une victoire retentissante pour ses… débuts en trail.
Au final, elle bouclera son pèlerinage en 4h37’44, soit le 14ème rang au scratch.
La photo est prise dans le hameau d’Ossat (commune de Marignier) alors qu’on en est encore aux prémices.
Cliché mis en ligne sur le site Web de l’Ultra Tour du Môle.

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11 juillet 2012, seconde manche du Manigod-Scott Challenge Km Vertical, servant de support au Championnat National de Skyrunning :
Aux dires de Christel Dewalle, il s’agit de sa perf la plus aboutie, toutes compétitions confondues. C’est en effet dans le temps canon de 39’51 qu’elle domptera l’exigeant parcours manigodin s’étirant sur 3,430km.
S’appropriant la 14ème position au général, elle devancera une kyrielle de garçons qui n’ont pourtant pas l’habitude de jouer les faire valoir, à l’instar, juste derrière elle, de l’Isérois Rémy Loubet (Team X Bionic), qui peine à lui emboiter le pas. Il terminera d’ailleurs 20ème en 41’15.
Cliché de Jean-Louis Bal.

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15 juillet 2012, 32km de l’Ice Trail Tarentaise à Val-d’Isère.
Sur le versant mauriennais du Col de l’Iseran, Christel Dewalle est sur le point de parvenir au Pont de la Neige (2528m), terme de la première descente (km12), en l’occurrence celle du Col des Fours (2976m).
Cliché de Photogone.

dsc_020315 juillet 2012, 32km de l’Ice Trail Tarentaise à Val-d’Isère.
Juste après avoir franchi la ligne victorieusement en 4h08’11, avec à la clef une 8ème place au scratch, Christel Dewalle épie du regard sa famille pour qu’elle la réconforte prestement après son odyssée, l’une des plus éprouvantes, selon elle, de son pedigree. Avant qu’elle ne soit surpassée en difficulté par la CCC, son ultra initiatique.
Cliché de Xavier Bouvet.

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16 septembre 2012, Km Vertical de Nantaux.
Pour la première fois dans cette discipline, Christel Dewalle devra s’incliner. L’auteur de cette prouesse d’anthologie ? Un autre phénomène en la personne de l’internationale skieuse-alpiniste annécienne Axelle Mollaret qui avalera la rampe chablaisienne en 39’30, devançant ainsi de 10’’ sa dauphine rochoise.
Cliché de Jean-Louis Bal.

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20 octobre 2012, Km Vertical de Fully.
Christel Dewalle à son zénith, pulvérisant en 36’48 le record du monde de Laetitia Roux établi en 2009 en 37’55.
La photo est prise après 300m de dénivelée dans les près à la hauteur du hameau d’Euloz.
Cliché de Caroline Ançay.

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20 octobre 2012, Km Vertical de Fully.
Quand Christel Dewalle dévore le mur helvète…
Photo toujours prise après 300m de dénivelée à la hauteur du hameau d’Euloz.
Cliché de Caroline Ançay.

1488291395.5384animation3 - LE CONTE DE FEES DE CHRISTEL DEWALLE : PORTRAIT AUGMENTE ET REACTUALISE APRES SON RECORD MONDIAL AU KM VERTICAL DE FULLY / 20-10-12
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