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RECIT DE L’ULTRA MONTEE DU SALEVE PAR CAROLINE CHAVEROT / 12-04-14

L’ultra montée du Salève est pour moi une course vraiment particulière, car la plupart de mes entraînements hivernaux se déroulent, tout ou en partie, sur son parcours ; ce qui fait que, bien qu’elle soit « une course à saucisson », sans enjeu particulier, j’y pense peut être plus pendant l’hiver qu’à n’importe quelle autre compétition.

Cette année, après avoir été bien malade en janvier-février, avec des temps de montée vraiment mauvais, j’ai commencé à progresser très rapidement dès la mi mars, une fois réellement guérie (et une fois avoir définitivement cessé d’allaiter). J’ai alors commencé à penser que je pouvais battre le record établi l’an dernier par Christel Dewalle, qui avait réalisé 8 montées en 5h07 et 41 secondes. Mais je savais aussi que, pour ce faire, il me faudrait aller plus vite qu’elle, car elle avait eu visiblement beaucoup de chance avec les bennes.

Au matin de la course, il fait un temps idéal et le sol est bien sec. Bref, les conditions s’annoncent idéales. Alors qu’on s’échauffe avec Luc, mon mari, je jette un œil au téléphérique et commence à réaliser avec apréhension qu’il va falloir se tirer dessus pendant 6 heures ! C’est vraiment une course spéciale, puisque chaque montée doit être effectuée à fond, mais il faut aussi tenir sur la durée.

Quand le départ est donné, je pars à fond, craignant de me faire enfermer dans les bouchons, puisque, après 1 km (dont 800m de plat), le chemin devient étroit et il devient difficile de doubler. Je pars sans doute trop vite, puisque, dès l’attaque de la montée, j’ai l’impression que je vais m’asphyxier. Mais pas question de ralentir et de gêner les autres. Toute la montée est faite à un rythme élevé et j’ai la satisfaction de voir que mon chrono est bon : 33 mn et 19 secondes, alors que je visais 34 mn.

Par contre, en entrant dans ma benne, je me dis qu’il va être dur d’en faire 7 autres comme cela. Je prends un rythme un peu moins élevé, plus supportable, tout en essayant de me pas m’amollir, puisque j’ai pu constater à l’entraînement que sitôt que la fréquence cardiaque baisse, le chrono s’envole.. A l’arrivée, 34’29, ce qui me satisfait pleinement. J’attrape une de mes bouteilles d’hydrixir bio, un gel et ai le temps de me reposer un peu plus longtemps, puisque j’ai loupé la benne précédente. Luc arrive, le visage tout blanc et me dit qu’il ne se sent pas en forme du tout. Je suis profondément déçue pour lui, car il s’est aussi entraîné dur, avec de très bons chronos durant tout l’hiver.

En bas, c’est reparti pour une 3e montée, en compagnie des mêmes personnes qu’à la montée précédente. On se tire un peu la bourre. Je commence à constater que les parties sur lesquelles je suis la plus lente et je souffre le plus sont les parties les plus plates, sur lesquelles il faut courir. Le champ final est pour moi un vrai calvaire, et ce sera le cas jusqu’à la dernière montée. Le chrono est à nouveau bon, 35’09. Je suis largement dans les temps de Christel l’an dernier, et elle s’était effondrée complètement sur les 3 dernières montées, donc, si je tiens le choc, je pense être dans le coup pour 8 montées. Par contre, je manque encore la benne de justesse ; mes compagnons de montée s’énervent un peu, moi je reste zen, en me disant que cela me permettra de mieux me reposer. Gérard, le responsable du club, me dit qu’il ne pense pas que je puisse réussir 8 montées, sympa !

Du coup, je pars plus reposée pour la 4e et, mis à par les 800 mètres de route ensoleillée qui commencent à devenir un vrai calvaire, j’ai trouvé mon rythme. On est toujours un peu le même groupe et on se tire la bourre, ce qui est nécessaire car il ne convient pas de se laisser aller. Par contre, j’ai mal aux jambes, avec des débuts de crampes un peu partout. A l’arrivée, j’ai la surprise de constater que le chrono ne s’envole pas trop : 36’04.

Un gel, mon hydrixir, et la benne, que j’attends de nouveau, (avec encore une remarque de Gérard qui me dit que je n’y arriverai pas). Cela commence à devenir routinier. Arrivée en bas, il est 12h52, il me reste donc 3h08 pour faire 4 montées et 3 descentes. Cela devrait coller pour 8 montées, mais cela ne dépend malheureusement pas que de moi, mais aussi de ma chance (ou plutôt malchance pour l’instant) avec les bennes.

On repart, avec une partie du groupe précédent, qui s’est un peu écrémé et, comme avant, on essaie de se tirer la bourre, ou plutôt, comme ils me distancent sur la route (sur laquelle je me traîne comme un escargot qui a trop chaud), j’essaie de les rattraper dans la montée. On double beaucoup de coureurs qui font 6 montées et, à chaque fois, ils laissent très gentiment passer et nous encouragent. De nouveau l’interminable champ final, et un temps de 37’06, soit encore mieux que ma première montée de 2013.

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Fruits, hydrixir, (remarque de Gérard), benne (avec encore 3mn d’attente) et c’est reparti pour la 6e fois. Cette fois, il n’en reste plus que 3 ! Je suis presque au bout ! Toujours le même petit groupe, mais certains commencent à accuser le coup. Moi, je me traîne de plus en plus sur la route et le chemin de départ en faux plat montant, mais dès que la pente s’accroît, je me sens bien : je n’ai plus mal aux jambes, je pousse bien sur mes bâtons ; de nouveau 3 mn de souffrance dans le champ et soudain, je vois mon Luc, tout pâlot et déçu : il a dû abandonner, il n’avançait plus et avait mal partout. Il m’accompagne jusqu’à la benne que, pour une fois, j’attrape presque de justesse. (le chrono était de 38’09 : je reste dans ma perte de 1 mn par montée). J’ai du mal à m’en remettre, faire une course à 2, c’est particulier, on vit aussi la course pour l’autre, et cela me ternit vraiment mon plaisir.

Bon, plus que 2 montées, et il me reste 1h40, cela devrait faire. Mon petit groupe s’étiole de plus en plus, mais j’ai un lièvre, en la personne de Romain Buschino, que j’ai croisé sur plusieurs courses, dont la CCC. Je me sens toujours assez bien, mais force est de constater que, sur les portions sur lesquelles je courais à la première montée, je marche. J’ai aussi du mal à ne pas penser à la déception de Luc. Je commence à doubler des têtes connues, qui m’encouragent gentiment. Le chrono est vraiment bon, pour une 7e montée : 38’23 ! Je suis ravie et, accompagnée de Luc et de Lucie, organisatrice de l’UMS, qui me dit que la benne vient d’arriver, je cours chercher la benne. C’est alors que j’entends « On ferme ! » et voilà les portes qui se ferment juste devant mon nez. Je suis très inquiète, car cela risque d’être juste juste. Heureusement, Lucie intervient et fait rouvrir les portes de la benne et voilà Romain et moi qui sautons dedans ! Ouf ! Cela nous laisse une confortable marge de 50 mn pour faire la 8e montée.

Alors que je cours (si on peut appeler ce pénible trotinnage de la course) sur la route asphaltée, je me fixe un nouvel objectif : faire toutes mes montées en dessous de 40 mn. Mais à peine la pente s’élève, que je réalise que je n’ai plus les ressources mentales pour me tirer dessus. J’ai juste envie de monter tranquillou.. Heureusement, j’ai Romain ainsi qu’un autre coureur (David ?) en ligne de mire et tente de ne pas me faire distancer. C’est marrant, en les voyant, on dirait qu’ils ne forcent pas et qu’ils vont plutôt à la cueillette des champigons, mais en même temps, je n’arrive pas du tout à les rattraper. On dépasse encore du monde et, pour certains, je me dis que terminer leur montée à temps va être très dur. Enfin, arrive le champ infernal de la fin. Je souffle comme un bœuf, ruiselle de sueur, bave, coule du nez, bref, je me dis que je ne dois pas être trop attirante, en ce moment, mais seule compte la ligne d’arrivée. Et voilà, 8e montée en 39’16 ! Youpi !

Je regarde les derniers coureurs arriver, dont un à 5 secondes des 6 heures, et savoure mon succès : 8 montées (26 km et 5320m de D+) en 4h51 et 49 secondes. C’est beaucoup mieux que tout ce que j’avais espéré et cela fait du bien quand l’entraînement paie !

Caroline Chaverot

 

1204140069 Le départ de l’épreuve avec Caroline Chaverot, Ludovic Pommeret et Thomas Lorblanchet
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Cliché ASJ et Jean claude Delachenal (dernière photo)

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