SAINTELYON 2016 : PRESENTATION DE LA DOYENNE DES COURSES ULTRA

Née en 1951 sous l’impulsion d’associations cyclotouristes stéphanoises et lyonnaises, celle qui n’était à l’origine qu’une simple randonnée pédestre est aujourd’hui un monument de la course à pied en France. C’est dans les années 2000 que la SaintéLyon va véritablement prendre une nouvelle dimension. Une médiatisation accrue, un nombre de participants en constante hausse contribueront petit à petit à faire de cet événement la référence incontournable des courses nocturnes.

Plus grande course de l’hexagone en terme de participants (15 000 coureurs au départ en 2015), la doyenne des courses d’ultra attirera encore cette année, pour sa 63ème édition, une grande diversité de coureurs. Routards ou montagnards, marathoniens ou ultra-traileurs, amateurs ou expérimentés, tous seront, une fois encore, happés par la magie de cette course nocturne à la frontale. Quatre épreuves individuelles seront proposées cette année. Deux formats courts (Saintétic 12km et Saintésprint 22km), la Saintéxpress (parcours exigeant de 44km et 900m D+) et la SaintéLyon, épreuve reine de 72km et 1730m D+. Il est à noter qu’en raison de diverses contraintes pesant sur les organisateurs (exigences de sécurité, volonté de fluidification du parcours…), les départs s’effectueront par vagues.

Malgré une date tardive dans le calendrier, le plateau sera comme à son habitude très relevé. Tour d’horizon des forces en présence.

Une course masculine indécise

Sur la course phare, ils seront nombreux à prétendre au podium voire à la victoire finale. En l’absence du vice-champion du Monde Nicolas Martin et de Benoît Cori, vainqueurs ex-aequo en 2015, la course s’annonce particulièrement ouverte.

Parmi les favoris, on citera en premier lieu l’inusable Emmanuel Gault. A 40 ans, il pourra jouer sur sa forte expérience sur cette course qui lui réussit bien pour envisager légitimement un top 5. Quatre fois deuxième, vainqueur en 2012, 4ème l’an passé, celui qui détient le plus gros palmarès de l’épreuve aura à cœur d’effacer sa déception des championnats de France ou il avait été contraint à l’abandon après seulement 13km de course (virus).

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Tout comme sa compagne Sylvaine Cussot, Emmanuel Gault est à l’aise sur les parcours roulant. Il devrait faire bonne figure !

 

Vainqueur du 44km l’an passé devant Sébastien Hours et Benjamin Galland, Manu Meyssat s’affiche également comme un prétendant au podium. Sur ce format long qui ne lui a jamais souri (blessures, maladies…), le coureur du Team Hoka vient avec des envies de revanche. Course initialement non-prévue à son calendrier, c’est au vue de ses bonnes sensations de fin de saison qu’il a fait le choix de s’aligner au départ le week-end prochain. 14ème des derniers championnats de France de trail court, il reste prudent quand on lui demande d’évoquer ses objectifs: « Difficile pour moi de parler d’objectif sur une course que je n’ai jamais terminée, mais la forme et l’envie sont bien présentes. Je suis un compétiteur avant tout donc j’espère être présent pour l’explication aux avant-postes ».

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Emmanuel Meyssat, lors de sa victoire au trail du Bélier (La Clusaz74) ©kinaphoto

 

5ème en 2015, comment ne pas citer Matthieu Brignon, qui sera à coup sûr (sauf problème physique) l’un des hommes forts de cette édition 2016. Après de très bons résultats en début de saison, avec notamment une 3ème place au Marathon du Mont-Blanc, le mauriennais fera son retour à la compétition après des derniers mois difficiles. En effet, handicapé par quelques problèmes physiques (fractures des côtes, opération des yeux…) qui l’ont empêché de participer notamment au trail des Aiguilles Rouges qui était l’un de ses objectifs affichés, il fût également contraint à l’abandon lors du Festival des Templiers en raison d’un problème de lentilles. Toutefois, il semblerait bien que cette année M.Brignon soit armé pour réaliser une belle performance sur ce parcours roulant (mi-route-mi-sentiers). Conformément à l’humilité qu’on lui connaît, il refuse cependant tout emballement prématuré: « L’objectif est forcément de faire mieux que l’an passé mais ça va être rude, rien n’est joué d’avance. J’ai énormément travaillé à l’entraînement alors j’espère que la forme sera au rendez-vous pour cette dernière course de l’année ».

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Matthieu Brignon

Auréolé d’une belle 4ème place sur le Grand trail des Templiers (76km) il y a quelques semaines (derrière C.Fleureton mais devant des références comme Baronian ou Thévenard), Sébastien Spehler sera très probablement parmi les trois premiers à franchir la ligne d’arrivée à Lyon. Très expérimenté, le pensionnaire du Team Adidas ne serait pas contre ajouter une ligne supplémentaire à un palmarès déjà très fourni, comme en attestent notamment ses victoires en 2016 sur la 6000D (65km 3330mD+) ou encore le trail de Faverges (48km 2920m D+). Comme il le dit lui-même l’objectif sera « simplement de bien finir l’année« . Dans une « forme un peu aléatoire« , S.Spehler se méfie particulièrement de Manu Gault mais également de « coureurs rapides comme Tony Moulaï ou Alex Mayer qui peuvent jouer les avant-postes ».

Spehler était en tête2

Spehler championnats du monde 2015 Annecy

Alexandre Mayer habitué aux places d’honneur sur les grandes courses médiatique (10ème UTMB2015 !) mériterait de faire mieux qu’en 2014(5ème) et 2012 (3ème) sur ce parcours.

Parmi les prétendants au Top 10 on retrouvera également Yannick Heusey, peu médiatisé mais dont la régularité est à noter. Vainqueur de l’Interlac trail, du Trail des Glières et du trail Nivolet Revard, 2ème du trail de Faverges (derrière S.Spehler) en 2016, 5ème de la Saintéxpress en 2014, il aura une carte intéressante à jouer.

_copie-0_Yannick Heusey vainqueur du 42km

Yannick Heusey

 

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Ludovic Pollet (vainqueur du The trail Sens 110km en 2016, 11ème sur la SaintéLyon en 2015) ou encore et surtout Tony Moulai (vainqueur du Lozère trail 2016, 4ème du Marathon du Mont-blanc après une arrivée au sprint avec M.Brignon) seront également à surveiller de très près.

Ci-dessous Tony Moulaï en compagnie de son pote Cédric Fleureton.

Finalement, la grosse surprise pourrait venir de Rachid El Morabity. Quadruple vainqueur du Marathon des Sables (2011, 2014, 2015, 2016), plusieurs fois vainqueur du Marathon de l’atlas, le marocain a impressionné en 2016. Sa deuxième place à l’OCC en août dernier (derrière X.Thévenard mais devant T.Baronian) témoigne de son état de forme actuel. Le podium sera dur à aller chercher pour lui mais, dans un bon jour, le coureur de 34 ans pourrait venir bousculer les favoris de l’épreuve.

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Rachid El Morabity

 

Sylvaine Cussot en favorite chez les féminines

Chez les féminines, on voit mal Sylvaine Cussot ne pas monter sur le podium. Vainqueur de l’Eco Trail de Paris en 2016 après sa 2ème place en 2015, la coureuse du team Asics pourra faire jouer son expérience acquise en 2014, année où elle avait pris une belle 2ème place sur cette épreuve.

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Sylvaine Cussot est particulièrement l’aise sur les parcours roulants. ©Eco Trail de Pais

Et si la jeune Lucie Jamsin (27 ans) constituait le principal danger pour S.Cussot? Vainqueur du trail des Poilus, 6ème des Championnats de France de trail court et 5ème au Festival des Templiers cette année, elle aura un bon coup à jouer et une place sur le podium à aller chercher.

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Habituée de la SaintéLyon (5ème en 2013, 9ème en 2015) Maria Semerjian pourrait se glisser aux avant-postes. Coureuse expérimentée, la française semble toutefois plus à l’aise sur des distances plus grandes, comme en atteste sa belle 3ème place décrochée sur le Tor des géants cette année.

Vainqueur l’an passé du format inférieur (44km), Céline Carrez ne devrait pas venir pour faire de la figuration. Badia El Hariri (qui a devancé S.Cussot à l’Eco Trail de Paris en 2015), la savoyarde Lucie Bidault (vainqueur du Trail du Glibier en 2016) et la triathlète haut-savoyarde Juliette Benedicto (2ème des Templiers en 2014) devraient batailler pour les places d’honneur. Cette dernière pourrait même créer la sensation au regard de ses performances passées, reste à savoir où elle se situe en terme de forme actuellement. En effet, après une longue absence en raison d’une blessure, sa reprise lors de la Transvulcania début 2016 s’était soldée par un échec.

1 Juliette Benedicto photo Damien Rosso www.droz-photo.com

Juliette Benedicto 2ème Templiers 2014. photo Damien Rosso www.droz-photo.com

La bataille s’annonce donc rude pour la succession au duo Cori/Martin et à Corail Bugnard, vainqueurs l’an passé. Une chose est sûre, le parcours ne laissera pas sa place au hasard. Il faudra donc être très costaud pour remporter cette 63ème édition de la SaintéLyon qui, comme à son habitude, s’annonce lumineuse. Comme le dit S.Spehler, « comme toujours des surprises sont à prévoir ».

Hugo PELLETIER

En 2010, le parcours de la Saintélyon est devenu technique du fait des conditions climatiques qui ont transformé certaines portions du tracé en patinoire !…

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