EMMANUELLE MAYEUR: LE COMBAT D’UNE VIE

Elle est de ces personnes qui nous font réfléchir, de ces personnes qui au travers de leur histoire portent un message fort. Cette histoire c’est celle d’une femme frappée par le cancer à 36 ans mais qui n’a jamais abdiquée. Faire face et combattre, c’est ce que fait Emmanuelle Mayeur depuis 3 ans. Quand on lui diagnostique deux cancers (un dans chaque sein), elle se jure alors deux choses: ne jamais arrêter de sourire et de courir. C’est aujourd’hui chose faite, puisque le 30 juin prochain Emmanuelle prendra le départ des 177km de l’Ultra-marin du Grand Raid du Morbihan. 177 c’est aussi la longueur en centimètres des cicatrices qui parsèment son corps en raison des opérations. Tout un symbole pour cette femme qui a choisi de se reconstruire par le sport. Rencontre.

Deux ans avant sa maladie, Emmanuelle se met à la course à pied. Rapidement, sa pratique s’intensifie et 6 mois après ses débuts seulement elle termine le 50km de l’Eco Trail de Paris puis le Grand Trail du Limousin. Elle ne le sait pas encore, mais cette passion naissante pour ce sport sera plus tard l’outil témoin de sa lutte contre la grave maladie qu’on lui détectera.

Cette lutte devient alors le combat d’une vie. «Quand je suis tombée malade, j’ai tout de suite fait la comparaison entre la maladie et un trail. Des montées, des descentes, des moments de moins-bien, des moments d’euphorie, une route parsemée d’embûches mais des paysages à couper le souffle, un gros travail sur soi-même et, quoi qu’il arrive, au bout du chemin, l’arche d’arrivée».

emmanuelle mayeur 1 - EMMANUELLE MAYEUR: LE COMBAT D'UNE VIE

 

« La victoire ailleurs que dans le chrono »

Malgré ce coup du sort, Emmanuelle Mayeur ne baisse jamais les bras, portée par sa volonté de vaincre la maladie: «Même durant les traitements de radiothérapie, j’ai réussi à faire un trail de 50 km avec 2000m D+. Lentement certes mais sûrement..la victoire était ailleurs que dans le chrono…».

Depuis 2 ans, Emmanuelle se fait opérer «environ tous les trois mois» pour la reconstruction. Quand on lui demande pourquoi avoir fait le choix de courir ce week-end, de sa réponse transparaît une dimension symbolique forte: «Suite à la reconstruction (on m’a reconstruit les seins avec les muscles des grands dorsaux et la peau du dos) , je me suis retrouvée avec 177 cm de cicatrices et l’Ultra Marin s’est imposé à moi comme une évidence…. 177 , un chiffre magique… transformer tous ces cm de cicatrices en kilomètres de vie…. toujours essayer de trouver le positif, la touche de rose dans le négatif. Dans la noirceur, juste avancer!»

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«Je veux montrer au cancer que je suis une rebelle»

On l’a compris, ce week-end l’objectif ne sera pas chronométrique. Peu importe la place, la motivation sera ailleurs: «Cette course, je veux juste la terminer du mieux possible en ayant ces petites étoiles dans les yeux tout le long du chemin… Je souhaite prendre un maximum de plaisir en courant, profiter de chaque foulée, juste me dire que je suis vivante et heureuse de pouvoir courir».

Si l’entraînement a été plutôt léger, Emmanuelle Mayeur compte sur son mental à toute épreuve pour atteindre la ligne d’arrivée: «Ma dernière opération date du 20 mars avec un bon mois de convalescence. En janvier j’ai eu un zona et en février un Erysipèle… alors j’ai essayé de composer comme je pouvais mais mentalement je me sens prête et sereine. J’attends ce moment depuis tellement longtemps et je veux montrer au cancer que je suis une rebelle et que quoi qu’il arrive , il ne m’empêchera pas de courir ni de sourire!».

Vivre normalement, c’est ce que cherche depuis toujours Emmanuelle. «Aujourd’hui, je suis suivie et surveillée comme l’huile sur le feu…. Mon oncologue n’a pas encore prononcé le mot guérison car dans cette maladie la rechute est fréquente. Les malades du cancer vivent pour la plupart avec une épée de Damoclès au dessus de la tête..Raison de plus pour savourer chaque instant et pour vivre la vie à fond».

Si Emmanuelle fait de son combat une lutte personnelle, elle court aujourd’hui également pour les autres: «Je cours pour l’association Run Amazones dont je suis la marraine, qui reverse des fonds à une association appelée Féeminité qui vient en aide aux femmes dans la précarité pendant les traitements. Car malheureusement en effet, qui dit maladie dit aussi précarité. Run Amazones, créé par Karine Zeimer milite aussi en faveur du dépistage précoce, car le cancer du sein touche 1 femme sur 8 , ce qui est énorme et ne frappe pas qu’à 50 ans, loin de là».

Si la performance est une chose, Emmanuelle Mayeur nous montre finalement à travers son histoire que le sport s’étend bien au delà de la notion de compétition que l’on emploie traditionnellement. Ce combat qu’elle mène chaque jour depuis trois ans n’est ni plus ni moins qu’un exemple. Un exemple de courage et de détermination, mais aussi un véritable message d’espoir pour toutes les personnes atteintes par la maladie. Se surpasser, aller au bout de ses rêves, c’est le message qu’Emmanuelle souhaite faire passer. Kilian Jornet rêvait de gravir l’Everest, il l’a fait à deux reprises en l’espace de quelques jours seulement. Comme lui, chacun a son sommet en ligne de mire: «On a tous notre Everest, on a tous des ressources insoupçonnées…. il faut juste aller les chercher».

Hugo PELLETIER

BOUTIQUE ALPINSTORE

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One comment on “EMMANUELLE MAYEUR: LE COMBAT D’UNE VIE”

  1. Angèle dit :

    Superbe article pour une battante qui fait de beaux pieds de nez à cette maladie sans jamais baisser les bras . Bravo Emmanuelle je serai par la pensée à vos côtés 😊

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